Conclusion | Ibrahima BAH
/ C O N C L U S I O N /
Sans aller jusqu'à dresser un bilan, sans qu'il soit nécessaire
d'invoquer ici tous les chiffres ou de citer tous
les exemples, je suis sûr d'avoir exprimer ce que tout africain
ressent : ce multipartisme a fait des ravages
en Afrique. La démocratie ne se fait pas dans la pagaille, car
elle est dangereuse si tous les ingrédients ne
sont pas respectés. Ces ingrédients s'appellent souveraineté,
indépendance, légitimité, liberté, état de droit,
etc...Donc un peuple, qui ne cherche pas d'abord à conquérir sa
liberté, doit rester à sa place, c'est à dire
dans la dépendance, dans l'exploitation ou la soumission et,
surtout, dans l'indignité ou l'esclavage. Mais
pourquoi, diable, la démocratie en Afrique, alors que tous les
Etats, ou presque, dépendent politiquement
et économiquement de l'extérieur ?
1° Politiquement, le bilan de la
démocratie entreprise, il y a près de onze ans, es décevant.
Sans parler
des milliers et des milliers de morts, la démocratie n'a pas
fait de sérieux progrés, c'est à dire irreversible.
On assiste au contraire, à la remise en cause de ce qui semblait
acquis. Ceux qui sont demeurés au
pouvoir ou viennent d'y accéder prennent leurs précautions, ici
et là, en Afrique de l'Ouest comme en
Afrique Centrale, on réaménage le code et les listes
électoraux pour exclure du vote, au nom de la loi ou
de divverses procédures. Par exemple, Henri Konan Bédié,
Président de la Côte d'Ivoire a exclu Alassane
Dramane Ouatara, au nom de l'Ivoirité. Ayant eu trop peur
"sorti" du pouvoir les "maintenus"
verrouillent
toutes les issues. Ils s'attaquent aux règles du jeu
elles-mêmes. Que reste-il de la démocratie ? Rien.Tout
se passe comme si les dictatures africaines, qu'on croyait en
voie de disparition, font mieux pour durer.
Par exemple, Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, aidé par la
France et sa multinationale Elf Aquitaine,
a repris le pouvoir dans son pays par les armes. Il a dégagé
"sauvagement" un Pascal Lissouba, un
Président démocratiquement élu. Où est la démocratie en
Afrique? Où est la souveraineté? Où est
l'indépendance? Où est la légitimité du peuple congolais. Il
est certain que cette. Cette démocratie, pour
nous Africains, ne nous menera nulle part.
Mobutu, Président du Zaïre, a été maintenu au pouvoir par les
puissances occidentales, particulièrement la
France. Trente deux-ans de dictature, de frénésie militaire, de
la gabégie, de la corruption et de la misère,
la main fait le geste de l'instinct et non celui de la raison.
Mobutu, à l'intérieur, a su utiliser les divisions de
ses adversaires pour mieux étouffer les oppositions, maniant
avec lâcheté la repression ou la grâce
présidentielle, éliminant ou intégrant au régime ses
détracteurs. A l'extérieur, il tirera le meilleur parti de la
rivalité des puissances occidentales pour affermir son pouvoir
personnel et trouver des appuis en cas de
crise. L'alliance à l'Occident et le discours d'authenticité
sont les deux piliers de sa politique. Mais la chute
du communisme, la débâcle économique de son pays et le réveil
des oppositions font perdre à Mobutu ses
alliés d'hier, exceptés la France et les Etats-Unis qui l'ont
soutenu et protégé jusqu'à l'arrivée de Laurent
Désiré Kabila qui a pris le pouvoir, par les armes, le 17 mai
1997. La fuite de Mobutu était inévitable.
Ceux des dictateurs qui ont fui leurs pays aprè les avoir
saignés, exploités et dévasrés, les
Mengistu(Ethiopie) et Hissène Habré(Tchad). Ils coulent des
jours heureux sans qu'il soit sérieusement
question de les extrader. Un Hissène Habré "l'homme des
Français" qui a été l'un des principaux acteurs
de la guerre civile qu'a connu le Tchad depuis son indépendance.
Les Français, en l'aidant à relancer la
guerre cevile, en lui fournissant armes et conseillers
militaires, l'ont installé au pouvoir, en juin 1982. Il
restera à la tête de son pays jusqu'en 1990 grâce à l'aide
militaire française(Opération Manta) en août
1983, mise en place du dispositif "dissuasif et
défensif" de l'Opération Epervier en février 1986 dans sa
lutte contre la rébellion des sudistes menée par Goukounu
Ouddeï et soutenue par la Libye de Khadafi.
Cette guerre civile, encouragée par la France, a connu une
accalmie provisoire, en 1987, lorsque
Goukouni Oueddeï a reconnu le gouvernement d'Hissène Habré. En
avril 1989, une tentative de coup
d'Etat contre Habré est mise en échec. Le responsable, Idriss
Déby, s'es réfugié en Libye puis au Soudan
d'où il lance une offensive contre le régime, ranimant de fait
la guerre civile. Cette fois-ci la France de
Mitterand lâche son protégé Hissène Habré pour un autre
protégé Idriss Déby qui s'empare du pouvoir, en
décembre 1990, contraignant Hissène Habré à prendre la fuite
au Sénégal. Il y coule des jours heureux.
En 1990, M. Jacques Pelletier, Ministre de la coopération dans
le gouvernement de Michel Rocard,
déclara à la presse que le vent de la liberté qui soufflait en
Europe de l'Est devrait atteindre l'Afrique.
Quelques mois plus tard, en juin 1990, à la Baule, s'ouvrit
effectivement le XVIème Sommet
franco-africain. A cette occasion, Mitterand ouvrit "une
boîte de pandore" de laquelle sortirent
immédiatement tous les ferments de désintégration politique
qui avait été si difficilement contenus durant
des années. Avant la Baule, l'Afrique s'enfonçait en effet
inexorablement, mais lentement, dans le néant.
Après, la tendance a connu une spectaculaire accélération.
Devant vingt-deux Chefs d'Etat, François
MItterand prononça ce discours suivant : extrait :" il faut
parler de démocratie...il faut bien se dire que
se souffle fera le tour de la planète...lorsque je dis
démocratie, lorsque je trace un chemin, lorsque je
dis que c'est la seule façon de parvenir à un état équilibre,
au moment où apparait la nécessecité
d'une plus grande liberté, j'ai naturellemnt un schéma prêt:
système représentatif, élections libres,
multipartisme, liberté de la presse, indépendance de la
magistrature, refus de censure. A vous de
déterminer, vous Peuples libres, vous Etats souverains que je
respecte, à vous de choisir votre voie,
d'en déterminer les étapes et l'allure"
La Catastrophe provoquée par ce discours fut immédiate, et les
évènement se précipitèrent. Des troubles
éclatèrent en Côte d'Ivoire et au Gabon où, après les
émeutes de Port-Gentil, l'armée française doit
évacuer d'urgence les ressortissants français. Des émissaires,
travaillant pour Elf Aquitaine, vantère à
Omar Bongo les vertus du multipartisme, mais pas la démocratie.
Des conférences nationales en Guinée
Equatoriale, en Sierra-Leone, au Cameroun, au Bénin et en
Guinée-Conkry où le leader Alpha Condé
pourrisse, en ce moment, en prison. Le multipartisme qui a apparu
en Côte d'Ivoire élimina moralement,
intellectuellement et physiquement le vieux néocolonialiste
Houphouët Boigny, l'un des responsables de la
balkanisation de l'Afrique. Le Zaïre se lança dans une
consultation qui aboutira au pluralisme politique
qualifié de "multimobutisme". C'est ainsi que,
parallèlement à l'émiètement tribal, et s'ajoutant à lui, se
produisit une véritable atomisation politique. Le Zaïre de 40
millions d'habitants enregistra 260 partis
politiques, le Congo Brazzaville 75 pour les 2,5 millions
d'habitants, 35 pour les 4,5 millions de Béninois,
une cinquantaine pour les 8 millions de Maliens, 12 pour les deux
millions de Mauritaniens, 33 pour les 12
millions de Malgaches, etc...Ces partis politiques constitués,
la France exigea qu'ils fussent consultés; puis
Paris encourafea des "Conférences nationales" où
devaient sortir les nouveaux pouvoirs sans pouvoir. En
quelques semaines, le seul aspect "positif" de plus de
trente années d'indépendance fut ruiné. En Afrique
où les Nations n'existent pas, l'indépendance avait, en effet,
été accordée à des "façon" d'Etats. Aux prix
d'efforts constants, ces derniers avaient, tant bien que mal,
réussi à survivre durant trois décennies; or le
diktat de la Baule les faisait éclater.
L'idéologie des droits de l'homme, alors que ceux des Peuples
sont complètement bafoués et ce diktat
démocratique en sont largement responsables car, à la Baule, le
gouvernement français, impuissant devant
l'ampleur du drame africain, imposa à ses protégés l'option
démocratique, alors que la société civile n'a
rien à dire. Les vieux dictateurs furent alors déstabilisés et
une formidable lutte pour le pouvoir s'engagea
immédiatement au Sud du Sahara tant les appétits étaient
grands. Dès l'arrivée du gouvernement socialiste
au pouvoir, en 1981, un malaise apparu dans les realations
franco-africaines. A partir de 1990, le malaise
transforma en crise en raison des impératifs idéologiques
imposés par la France dans la pure traditions
néocoloniales et dans l'ignorance totales des réalités locales
priées de se fondre dans le moule universaliste
des droits de l'homme, alors que la France n'a jamais respecté
l'indépendance de ces Etats et, où la
souveraineté n'est qu'une simple formalité. Donc, ce n'est pas
de gaieté de coeur que, ce 20 juin 1990 à la
Baule, François Mitterand imposa la démocratie aux Peuples
pauvres d'Afrique, qui sont toujours sous le
néocolonialisme le plus absolu. Il n'empêche que le discours de
la Baule n'a ouvert aucune perspective aux
populations muselées d'Afrique. En octobre 1990, ils seront dix
dans les rues de Bamako(Mali), dix
étudiants derrière le jeune géologue Moussa Keïta,
brandissant une baderole à l'adresse du dictateur
Moussa Traoré, "22 ans, ça suffit". Ils seront les
premières victimes de ce multipartisme de Mitterand,
une démocratie qui en trompe l'oeil. Il y aura bien d'autres
morts avant la chute de Moussa Traoré. Les
regards se tournèrent vers le Togo d'Eyadéma, que le discours
de Mitterant avait indisposé , il dit ceci :
"Ce n'est pas parce que le vent emporte la maison de mon
voisin que je vais détruire la mienne". Il
avait parfaitement raison. Si prompt à rétablir l'ordre au
temps de la vraie colonisation, l'armée française,
dont la seule présence maudit toute notion démocratique, resta
d'une sidérante passivité pendant les
nombreuses mutineries des troupes togolaises qui émaillèrent la
Conférence nationale de l'été 1991. Le
comble fut atteint au lendemain du sommet de Chaillot, en
novembre 1991, après que Mitterand eut
semblé infléchir son discours de la Baule, ménageant ainsi ses
protégés, il dit ceci : "Chacun doit fixer en
toute indépendance les modalités et le rythme qui lui
conviennent".
II n'en fallait pas plus au Général Eyadéma pour laisser sa
garde présidentielle piloner la primature, où
siégeait le Premier Ministre Koffigoh. Le Président
sénégalais, Abdou Diouf, héritier de Leopold Sédar
Senghor(le principal balkanisateur de l'Afrique), représentant
toutes les facettes du néocolonioalisme
français, demanda l'intervention d'urgence au Sénégal. Mais
Pierre Joxe, alors Ministre de l'Intérieur,
préféra envoyer des troupes à Cotonou. Jean-Christophe
Mitterand, le fils, a su convaincre papa d'annuler
l'opération. Et tout cela ne servit pas de leçon aux autorités
françaises puisque, à Libreville(Gabon), en
octobre 1992, lors de la XVIIème conférence franco-africaine,
le diktat démocratique fut maintenu.
L'échec des "idées" de la Baule était pourtant à ce
moment-là évident pour tous les observateurs du
monde entier. Malgré xela, la France y confirma à ses
protégés que sa priorité en matière de coopération
était toujours cette démocratie sans liberté. cela aussi n'a
pas empêché à Mitterant de nouer des rapports
privilégiés avec le clan du Général Habyarimana, l'ancien
Président rwandais, qui effaça de la terre plus
d'un million de ses frères et soeurs.
Concernant ce génocide rwandais, la France de Mitterand a une
trè grande part de responsabilité. Car, de
plus en plus présente dans ce pays, elle y noua des rapports
intimes avec le sanguinaire-Président,
engageant ainsi la coopération française dans le mouvant et
complexe jeu inter-ethnique rwandais. Au
début du mois d'octobre 1990, les Tutsis du FPR(Front
Patriotique Rwandais) lancèrent un premier raid
depuis l'Ouganda de Museveni. L(armée gouvernementale se
débanda et le régime fut sauvé par l'envoi de
parachutistes français qui leur barrèrent la route de Kigali.
C'est alors que la France de Mitterand se fit la
complaisance caisse de raisonnance de l'argumentaire du
gouvernement de Habyarimana : le Rwanda
devant lutter contre une invasion étrangère venue de
l'extérieur. Il était donc l"gitime que la France
intervienne en application des accords de défense signés entre
Paris et Kigali, en 1975, la cause était
entendue : la France se rangea résolument dans le camp des
génocidaires. Et pourtant, avant ce génocide,
la France savait pértinemment que ce régime était tout ce qui
est abominable: violation des droitd de
l'homme, tortures, arrestations et condamnations arbitraires,
exécutions extrajudiciaires, etc...
Après l'échec des Tutsis, en 1990, la France conserva, tout en
le niant, un important dispositif militaire au
Rwanda. C'est à l'abri de ce dispositif que les FAR(Forces
Armées Rwandaises) tentèrent une laborieuse
reconquête au nord du pays. Mais c'est surtout, grâce à la
présence française que le régime
d'Habyarimana, qui ne s'était pas effondré, s'appuya de plus en
plus sur sa composante extrémiste. Le
génocide débuta, effectivement, le 6 avril 1994, mais les
autorités françaises n'en reconnurent la réalité
qu'à mi-mai, accordant généreusement l'asile officiel ou
officieux à bien de ses protégés massacreurs.
Le 11 avril 1994, l'évacuation des derniers français était
achevée. Le 12 avril, l'Ambassade de France fut
abandonné dans la précipitation et nombre de ses employés
Tutsis furent massacrés par les Hutus. Le
même jour, le gouvernement intérimaire provisoire Hutu avait
fui la capitale pour trouver refuge plus au
sud, dans la région de Gitarama. C'est alors que la France
décida d'agir. Le pretexte de son action était
humanitaire ne semble guère convaincant. Donc, contrairement à
M. Alain Juppé, alors Ministre des
Affaires Etrangères, l'intervention militaro-humanitaire de la
France avait pour but, essentiellement
politique. Son but était d'imposer un compromis aux
belligérants. Un cmpromis et un partage du pouvoir
entre les factions opposées. Pour la France, c'était la seule
issue de sauver la face et de sauvegarder ses
intérêts économiques dans la région exclusivement et
imprudemment engagés aux côtés du clan
Habyarimana. Les résultats de cette intervention furent
dérisoires. Cette action amplifia le "désastre
humanitaire", car des centaines de milliers de réfugiés
vinrent s'agglutiner dans la zone dite " humanitaire
sûre" créée par la France, afin de sauver les véritables
responsables de ce crime contre l'humanité.
Plus grave encore, ce sont des assassins, des parents
d'assassins, des familles d"assassins qui, dans leur
grande majorité, prirent le chemin de l'exil. C'est eux qui
furent protégés par la France. Deux millions de
Hutus réfugiés à l'étranger, et qui ont trempé directement
dans les massacres, ont été pris en charge par
les humanitaires français. Pris en charge est un mot faible
puisqu'il a fallu que les soldats français aillent
jusqu'à leur creuser des latrines et ensevelir les morts! La
machine folle de l'humanitaire s'était embalée,
les assassins étant pris en charge par les charitabilistes. Le
bilan de plus de quatre décennies d'une
politique néocoloniale aveugle de la France en Afrique est
accablant. Les responsabilités directes de
l'Elysée, des entourages élyséens et Matignon sont directement
en cause.Les responsables français
n'étaient-ils pas au courant de l'existence de la "Radio
mille colline"?Certes. Le génocide fut planifié et
organisé par cette radio des militants Hutus. Les autorités
françaises, parfaitement au courant des
agissements criminels des responsables de cette radio, ont
continué à aider cette dernière, afin de faire
face à celle du FPR émettant depuis l'Ouganda anglophone.
Humilier, dévaster, exploiter, affamer et
saigner les Africains sont une chose, mais participer à un
génocide en Afrique c'en est une autre. Donc, au
nom du droit international, les Peuples d'Afrique ont le droit de
demander des comptes à l' ONU. Quand
on soutien humainement, matériellement et moralement un
dictateur de la trempe d'Habyarimana, on se
condamne soi-même. Il n' y a pas une autre preuve plus solide
que celle-là.
Donc, sur le plan politique, l'Afrique aconnu une vague de
tentetive de démocratisation sans précédent.
L'Afrique du Sud de Mandela s'est sorti du régime inique de
l'apartheid. De nombreuse "conférences
nationales" ont toutefois d'ores et déjà tourné court et
le processus de démocratisation sud-africaine reste
très fragile. Jerry Rawlings(Ghana), Quette Masire(Botswana et
Sam Nujoma(Namibie s'en tirent mieux
que les autres, en particulier l'Afrique francophone où les
Etats sont tous empêtrés dans leurs problèmes:
décomposition politique, encouragement des guerres civiles,
néocolonialisme et violence. Les seules
victimes sont les Peuples appauvris d'Afrique, les populations
civiles. Il est certain que la démocratie ne se
fait pas sans la liberté. Donc, nous disons qu'il n' y a pas de
démocratie en Afrique et, il n'y en aura
jamais sans le respect des souverainetés, sans la légitimité
des peuples: l'unité africaine s'impose.
L'Afrique restera-elle le continent des catastrophes? L'Asie,
dépeinte autour des années 70 comme en
mauvaise voie, est aujourd'hui en pleine croissance. Dans
présence française et abandon, François
Mitterand écrivait en 1957 : "Sans l'Afrique, il n'y aura
pas d'histoire de France au XXIème siècle".
Pourquoi, diable, la France est-elle contre nos Peuples
d'Afrique? Pourquoi soutient-elle des dictateurs
que ces Peuples n'ont pas élus. Donc, Eyadéma, Sassou NGuesso,
Bongo, Abdou Diouf, Lansana Conté,
Ange Patassé, Teodoro Obiang et consorts ont encore de beaux
jours devant eux. En certu d'une théorie
du"moindre pire"(plutôt ceux-là) que le chaos,
l'Afrique connaîtrait de nouvelles élections truquées, de
nouvelles atteintes aux droits des l'homme et ceux des peuples.
Des massacres, comme au Congo
Brazzaville à cause du pétrole, massacres de manifestants à
Lomé, en 1993, alors que le Ministre français
de la coopération, Marcel Debarge(socialiste) participait à des
agapes officielles à l'intérieur du pays.
2° économiquement : comme la politique, l'économie exige son
indépendance. Considérons l'instrument
de mesure par excelence: la monaie. Plusieurs pays africains, une
vingtaine, à l'instar de la République
démocratique du Congo(ancien Zaïre), n'ont plus de monnaie
digne de ce nom. Au Maghreb, les
monnaies se sont ajustées progressivement par rapport au franc
français, elles ont perdu cinquante pour
cent de leur valeur, voire plus, mais l'ont fait sur plusieurs
années: retraite en bon ordre, dévaluation sans
douleur. Dans la zone franc, un exemple unique de coopération
entre une ancienne métropole et une
partie de ses anciennes colonies, le franc CFA(le franc de la
communauté financière africaine). Six années
après sa dévaluation, les Etats, qui composent cette zone, ne
s'en sont pas remis. Leurs responsables et
ceux qui, de l'extérieur, ont imposé l'opération, parlent
beaucoup de réussite. Mais a-t-on jamais entendu
un chirurgien dire que l'opération qu'il vient de pratiquer a
échoué? Les Africains eux, en tout cas, savent
qu'ils souffrent. Le mieux qu'on leur annonce concerne les
chiffres macroéconomique, pas(encore) leur
vie quotidienne, tant s'en faut.
Tout acommencé à partir des années 1980 quand les pays voisins
de cette zone ont, en application des
récommandations du FMI(Fonds Monétaire Internatioal) et la
Banque mondiale, procédé à de fortes
dévaluations, conséquences directes et sérieuses mesures
d'ajustement structurel. N'est-ce pas une
nouvelle forme de colonisation? Certes, la catastrophe fut
immédiate, car avec une monnaie garantie par
la France, l'ancienne Métropole. Donc, pour ce pays, cette
monnaie est artificiellement surévaluée. Et
pourtant,en 1991, M. Pierre Bérégovoy, alors Ministre des
Finances du gouvernement socialiste
s'opposait encore à toutes les demandes de dévaluation
proposées par ces deux institutions, le FMI et la
Banque mondiale. Donc, la dévaluation du 12 janvier 1994 ne doit
étonner personne, car elle ne pouvait
être évitée. Sous pretexte qu'elle était la condition de la
poursuite des crédits au FMI et de la Banque
mondiale aux Etats membres de la zone franc. L'on peut, à
l'infini, discuter de son taux. Etait-il peu ou
trop élevé ? Mais, dans tous les cas un tabou est tombé. La
zone franc est une composante essentielle
entre une ancienne Métropole et une partie de ses anciennes
colonies, si on peut les appeler
ainsi"anciennes colonies". Ce sont des vraies colonies,
car il n' y a aucune différence entre ces colonies et
la Corse, la Nouvelle Calédonie ou les Antilles. Une composante
essentielle de la fuite des capitaux vers
l'étranger. La zone constitue le dernier môle du raz-de-marée
économique qui les menace. Le franc de la
Communauté financière Africaine, ou bien le franc de la
communauté française africaine. Là aussi, il n'y a
aucune différence, c'est une sorte de bouée de sauvatage dans
la mesure où elle crée un environnement
économique garanti par la France.
La principale caractéristique de cette zone est bien la garanti
que la France accorde à la convertibilité; les
détenteurs de cette monnaie peuvent donc échanger contre des
francs français. En contrepartie de cette
garantie, les Etats, qui se disent indépendants, doivent
déposer soissante-six pour cent de leurs réserves de
change auprès du trésor public français. Mais, il y a deux
choses inquiétantes : première chose, le
mécanisme de la conditionnalité, La condition de l'intérêt
débiteur payé sur la base du taux directeur de la
Banque de France; deuxième chose, le mécanisme de la
convertibilité, lorsqu'une entreprise africaine
effectue une opération extérieure(Import-Export) les dévises
qu'elle reçoit ou achète sont cédées à la
Banque régionale, la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de
l'Ouest(B.C.A.O.) qui les transmet au
trésor public français. Celui-ci en reporte la contre-valeur
sur un compte d'opérations. Le CFA n'apparaît
donc jamais dans les échanges internationaux que la France le
décide. Le CFA est sous une couverture
française. Cette monnaie ne tient que parceque la qfrance la
garantie, ce qui implicitement met les Etats
membre dans la dépendance, la soumission. Ce sont des Etats
assistés. Où est l'indépendance économique
? Où est la liberté ? Où est la démocratie ?
La zone franc est une ruine pour l'Afrique, car le PIB(Produit
International Brut) des pays membres est
plus élevé que celui des autres membres qui n'en font pas
partie, une balkanisation monétaire; celà
perturbe les échanges internes à l'Afrique. Dans ces conditions
les pays frontaliers de ceux de cette zone
franc introduisent massivement leurs marchandises moins chères,
parfois en fraude. Tout ça c'est de la
cacophonie.. Donc, le décalage est bien réel entre le désastre
économique et l'existence d'une monnaie
coloniale qu'on ne maîtrise point, dont la valeur artificielle
ne repose que sur la garantie donnée par la
France et non sur la bonne santé des économies locales. Deux
mesures permettent d'évaluer ce désastre
économique: il s'agit du taux de couverture monétaire, c'est à
dire le rapport entre les avoirs extérieurs et
les engements monétaires d'une part et, le positionnement
extérieur, qu'on appelle débiteur, des
institutions de l'UMOA(Union Monétaire de l'Ouest Africain)
d'autre part.
Mais, revoyons le film de cette dévaluation. Le 12 janvier 1994,
le franc CFA était dévalué de la moitié de
sa valeur, réduit à un centime, ou si l'on garde la nostalgie
des années cinquante, à un "ancien franc". En
un clin d'oeil, plus de cent millions de personnes virent leur
avoir numéraire emputé brutalement. Ce type
de manipulation, à vrai dire, est relativement rare, puisque
seue l'Amérique latine nous habitua à une aussi
grande diminution de cours dans les trente dernières années.
Avec le recul, il est intéressant de s'interroger
aujourd'hui sur la portée et l'efficacité des mesures prises,
il y a six ans. Comment en était-on arrivé là ?
Rappelons que les mécanismes de la zone franc, crée sous leur
forme définitive en 1948, alors qu'aucun
Etat membre n'était indépendant, avaient institué une parité
fixe entre le franc français et le franc CFA,
fondée sur la convertibilié totale des ddeux monnaies. Aux
termes des accords de Yaoundé , le Trésor
public français se portaient garants sans limitation des
équilibres extérieurs pour les échanges, non
seulement à l'intérieur de la zone, mais encore pour les achats
de devises étrangères par des détenteurs
africains de la zone.
Pendant les premières années des soit-disant
"Indépendances", les choses fonctionnaient sans trop
d'anicroches. La raison en était que la France, suivant en cela
les habitudes de la plupart des pays
européens, pratiquait sur le plan monétaire un laxisme
doctrinal qui l'amenait régulièrement à dévaluer sa
monnaie. Il n'était donc nul besoin d'imposer à l'Afrique des
conditions plus dures que celles que
l'ancienne Métropole s'appliquait à elle-même. De plus, les
organismes pourvoyeurs de crédit, comme le
FMI ou la Banque mondiale, ouvraient largement des lignes de
fiancement, que complètaient des prêteurs
privés, avide de faire figurer à leur bilan des comptes
mirifiques et qui vinrent, dans les années 70,
soulager les efforts du Trésor public français et de la zone
franc. Les choses commencèrent à se gâter
lorsque le gouvernement français, désireux de juguler
l'inflation structurellle, décida de mettre en place
une politique de rigueur à l'égard du franc. Les déficits
commencèrent alors à se creuser inexorablement,
accentuant chaque année d'avantage un besoin de financement
destiné simplement à rétablir une balace
technique minimale. Puis, le Nigéria dévalua drastiquement sa
propre monnaie, ce qui accrut à la fois la
surévaluation du franc CFA, considéré subitement comme une
valeur refuge, et surtout l'endettement
chronique des Etats d'Afrique francophone. A partir de 1989, les
organismes prêteurs avaient réduit
progressivement leur "aide", jusqu'à fermer
hérmetiquement les robinets; ainsi le club de Paris et le FMI
n'acceptèrent plus le rééchelonnement de la dette. Trois
causes immédiates:
1ère cause: la charge de combler les trous béants incombait à
la France, qui inscrivait chaque année des
comptes de prêts "désespérés, parfaitement
irrécouvrables, quitte à les à les augmenter régulièrement
au
bout de quelque temps. La situation devenait difficilement
insuportable pour les peuples appauvris et
exploités d'Afrique.
2ème cause : Dans le même temps, les organismes issus de
Bretton Woods, notamment le FMI,
réclamaient, à cor et à cris, que les sanctions de la dérive
fussent mises en oeuvre. Ils proposaient, soit un
réajustement économique, soit une dévaluation du franc CFA. La
première solution passait par un
abaissement des prix aux producteurs de culture rente(arrachides,
cafés, cacaos), et surtout une baisse des
salaires nominaux des secteurs publics et privés. C'est en
faveur de ce choix que le gouvernement français
feignait de pencher. En effet, c'est la solution que le FMI
proposait aux pays d'Europe pour leurs propres
problèmes et il eût été "discriminatoire" de
supposer qu'elle ne pût être utilisée par les Etats d'Afrique.
En
fait, tout le monde savait qu'elle était absolument
impraticable. Aucun gouvernement africain ne disposant
d'un crédit politique suffisant pour imposer des conditions
aussi effroyable, sans tolérer de passe-droits ni
de privilèges. La France hésita donc sur cette voie jusqu'aux
élections de 1983.
3ème cause : pendant ce temps, les rumeurs se multiplient, on
assista à une évasion éhontée de capitaux,
permettant aux "nomenklaturas" de l'Afrique de mettre
leurs richesses à l'abri durant le premier semestre,
de sorte que l'inflation grandissante obligea les autorités de
la Banque Centrale de l'Afrique de
l'Ouest(B.C.A.O.) à réduirela convertibilité, anticipant ainsi
partiellement sur la dévaluation inévitable. Il a
fallu au gouvernement d'Edouard Balladur vaincre les résistances
et les reproches des hommes politiques
africains ainsi que des investisseurs français en Afrique, qui
considéraient la mesure envisagée comme un
refus d'assumer les promesses passées. Voire une trahison du
rôle impérial de l'ancienne puissance
coloniale. Cependant, les inconvénients de la situation étaient
tels que toute résistance était vaine. En
effet, l'appréciation de la monnaie à un niveau supérieur à
sa valeur réelle, compte tenu des
"fondamentaux"(écart qui s'accroissait chaque année
davantage) avait pour effet de plomber la
compétitivité des pays concernés à un dégré intolérable.
La dimunition de la monnaie fut exécutée dans
l'ensemble de façon paisible, la faculté d'accomodation des
Africains étant bien connu.
Mais, les résultats de cette opération ont pour le moment
mitigée. Si l'explosion sociale n'a pas eu lieu, la
baisse des importations avait déjà été anticipée et n'a donc
eu aucun effet que là où une baisse des prix a
pu être négociée, comme pour les produits pharmaceutiques;
Quant aux exportations, elles n'ont pas
l'extension souhaitée, en raison de facteurs conjoncturels comme
la baisse du dollar. De plus, la relance de
la consommation n'a été effective que dans le spays à forte
production agricole. Sur ce plan, un début de
changement d'habitudes alimentaires est perceptible; les
consommateurs abandonnent en effet certaines
productions sophistiquées fabriquées en Europe, pour retourner
à des produits locaux. Cependant, et bien
qu'il soit paradoxal de parler d'expédient pour une mesure
économique aussi violente, il faut bien admettre
que la décision prise début 94 nous laisse seulement imaginer
quelles conséquences favorables elle aurait
pu avoir si elle avait été autre chose qu'un replâtrage de la
privilégiature au pouvoir, qui s'est bornée à
faire payer la note par les peuples pauvres et appauvris
d'Afrique.
Les institutions de cette zone franc ne sont rien d'autre que des
avatars d'organismes coloniaux, le FMI, la
Banque mondiale, la Caisse Centrale de la France d'Outre-mer, le
F.I.D.E.S. et la F.D.O.M. Ces derniers
virent le jour en 1931 et continuent aujourd'hui encore à
fonctionner dans une logique purement et
simplement coloniale. Bien loin de favoriser les Africains, elle
favorisent la République française. Donc,
les richesses africaines nourrissent, aujourd'hui encore,
l'ancienne métropole. Donc, la zone franc est le
simple prolongement de la colonisaion française en Afrique. Les
pays, qui ont compris cela, se sont retirés
dès la fin de leur souveraineté; les pays du Maghreb et la
Guinée de Sékou Touré. La Mauritanie et le
Madagascar attendirent en 1973 pour la quitter à leur tour.
Quant au Mali, qui s'en était séparé en 1962,
supplia d'y être admis. Et pourtant, j'ai un respect profond à
Alpha Omar Konaré, le Président Malien, qui
ressemble à Thomas Sankara. Mais la Mali doit avoir des
circonstances atténuantes; la division de
l'Afrique, c'est à dire la Conférence ou la
"Sauvagerie" de Berlin, n'a pas souri ce pays. En
effet, le Mali
est aujourd'hui étranglé par un enclavement géopolitique et
politique qui lui interdit tout développement,
en raison d'insolubres problèmes de transports et de frontières
douanières qui l'assaillent. Toutes ses
importations ou exportations se font, en effet, en direction des
ports de la façade maritime. Des milliers et
des milliers de kms doivent être parcourus et plusieurs
frontières franchies, des frontières de sang et de
malheur(n'est-ce pas un crime contre l'humanité ?), d'où des
coûts que l'économie malienne ne peut
supporter. Mais le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le
Niger, le Sénégal, le Togo, le Cameroun, le
Gabon, le Congo Brazzaville, la Guinée-Equatoriale, la
République Centrafricaine, le Tchad, les Comores
que j'en sais encore. Tous ces Etats, que leurs peuples me
pardonnent, méritent-ils de fêter leurs
indépendances nationales ? Dans ces conditions, d'une réalité
absolue, comment peut-on parler de
démocratie en Afrique? Où est l'état de droit ? C'est
regrettable pour nous Africains. Lutter pour conquérir
notre indépendance ne doit être, en aucun cas, un tabou, c'est
une réalité.
Afrique, mon Afrique. Africains, ouvrons nos yeux, nos oreilles,
notre esprit et défendons-nous pour
pouvoir progresser. Cessons d'être des somnambules ou des
"cadavres ambulants" et apportons nos
humbles réflexions, notre imagination, notre concours dans
l'activité qui nous entoure. La recette est
simple: unité vivante, effort de chacun pourque notre
collectivité vive et se défende. Il faut s'y déplacer les
yeux ouverts. Démocratie, liberté et développement sont des
mots qui connaissent une belle fortune. Ils
servent tellement que nous, Africains, les déformons. Nous les
déformons tellement, que ces trois mots
deviennent impossible en Afrique. C'est une dérive considérable
des intellectuels africains. L'étymologie
du mot démocratie est claire et limpide: le pouvoir du peuple,
pour le peuple, rien que pour le peuple. On
dévinera qu'il ne s'agit pas de copier ce qui se fait ailleurs.
La démocratie est une belle guerre
idéologique(et non une guerre fraticide) entre acteurs qui, de
la vie politique, économique et sociale d'un
pays, ne partagent pas la même façon de gérer la chose
publique. La démocratie est une culture qui
appartient à une société civile d'un pays libre et
indépendant. Chaque peuple a sa propre culture. Mais
quand un Occidental entend parler de culture africaine, il sort
sa mitraillette. Chaque peuple a sa propre
façon de faire, et la société civile, qui s'y bâtira, ne sera
jamais la copie d'une autre. Donc, la démocratie
ne s'impose pas , ne se copie pas, ne se triche pas. A chaque
peuple de la créer, de la recréer, de
l'inventer de la réinventer, en respectant les droits des
individus, la justice indépendante et les libertés
fondamentales.
Cette démocratie est liée à tout jamais à la liberté qui est
avant tout un principe de la légitimité. Ce
principe est lié à la modernité. C'est pourquoi, on ne peut
pas dissocier la liberté et le développement
économique. Donc, ces deux éléments, la liberté et le
développement économique sont liés comme le sont
les poules et les oeufs. Sans oeufs, nous n'aurons pas de poules,
et sans poules, nous n'aurons plutôt plus
d'oeufs. Ces deux éléments, fondamentaux, constituent ce qu'on
appelle aujourd'hui la démocratie
politique. Mais cette démocratie, en tant que telle, est
revendiquée aujourd'hui par tous les intellectuels
africains, dont les Etats ne sont ni libres, ni indépendants.
Pire encore, les peuples, divisés et pris dans la
nasse, n'ont aucune légitimité. Et, Nos intellectuels, par
opportunisme politique et ambition personnelle,
participent à cette mascarade. C'est indigne pour nous
Africains.
Le message essentiel est que, contrairement aux autres
démocraties, dont les peuples ont une certaine
légitimité, dont l'ONU(Organisation des Nations Unies) ne
supervvise pas leurs élections, et en dépit de ce
que l'Occident aimerait nous faire croire, il n' y aura jamais de
démocratie en Afrique sans l'unité réelle de
nos peuples. Les intellectuels africains continuent à parler de
démocratie. C'est impensable. Si nous ne
changeons pas, nous serons comptables devant l'Histoire. Certes,
cette Histoire ne nous a pas aidés par les
éléments du passé, car nos ancêtres ont été déportés,
divisés, manipulés et colonisés pour des faux
problèmes. L'envahisseur nous a rendus sourds, muets et aveugles
de notre propre culture et de notre
propre civilisation, car le devoir du colon était celui de nous
"civiliser", comme des êtres inférieurs. Mais,
nos ancêtres, eux, n'ont-ils pas de circonstances atténuantes ?
Certes, car ils étaient coupables
d'innoncence. Serons-nous, nous aussi, coupables d'innoncence?
Non, nous n'avons pas le droit de faillir.
Donc, il faut redéfinir ces frontières tracées par le colon.
Il faut aussi avoir de vraies nationalités qui nous
appartiennent, car nous ne sommes ni des Malgaches, ni des
Guinéens, ni des Sénégalais etc ...nous
n'avons qu'une seule culture et qu'une seule civilisation. Donc,
nous formons une nation et une seule,
celle de l'Afrique. Nous avons aussi une seule d'Identité. Donc
un seul passeport.
Mais en demeure de la démocratie. Une démocratie imposée par
François Mietterand, conditionnée par
l'Occident, où l'indépendance et l'unité réelle des Africains
sont mises en cause. La souveraineté, c'est la
liberté de faire la loi chez soi, ce qui n'est pas le cas de nos
Etats divisés. En demeure aussi de la liberté.
Une liberté que tout africain et que personne n'a jamais vécue.
Voilà qurante ans que nous sommes
soit-disant indépendants mais, malheureusement, nous avons
exploité ces indépendances pour en faire un
esclavage moderne. Un esclavage nourri par notre mésentente, par
notre manque de solidarité politique et,
surtout, par des structures politico-ethniques. Quant au
développement, il est lié à tout jamais à la
démocratie et à la liberté, c'est à dire de faire la loi chez
soi d'abord.
Le développement économique est lié aussi à la croissance.
Qu'est-ce que la croissance? C'es celle qu'on
appelait autrefois mise en valeur ou progrès. Elle est une clef
du développement: routes, mines, chemins
de fer, établissements scolaires, usine, téléphone, ponts,
hôpitaux, etc...c'est quantifiable et, il n'y a pas
mille manières de construire puis d'entretenir des routes, des
mines, ainsi de suite. Pour ce
développement, nous attendons moins de notre effort d'une aide
extérieure. La liberté se mérite, et nous
avons peur de mourir pou elle. Le progrès se sue, et nous ne
voulons pas transpirer. Ce sont des vérités
déplaisantes. Aussi changeant de discours, on parlera de la
Banque mondiale, du FMI, du club de Paris et
celui de Londres. Les fonctionnaires de ces différentes
institutions harcèlent nos esprits, manipulent nos
sentiments, gaspillent notre existence, tout devient machinal,
uniformr, conditionné. Notre vie s'est
transformée en une course dans un monde sans mesure, dominé par
les Occidentaux où se précipitent
hommes et femmes avec les appétits et peurs qu'on leur fabrique.
Mais avec quelle espérance ? Chaque
africain, ou presque, récuse l'engrenage et dit : "Il faut
que cela change". Mais cédons-nous à la fatalité
ou à la facilité ? Et pourtant, étape par étape, il faut que
nous aussi, nou apprenions à avancer, en fixant
chaque fois l'objectif à atteindre et les moyens de nos
ambitions : le choix de l'action la plus unie, la plus
claire, la plus ample, la plus déterminée, doit être le choix
de la raison et de l'efficacité.
On tente de nous faire croire que la démocratie imposée de
l'extérieur serait aujourd'hui la seule planche
de salut pour l'Afrique, c'est une formidable imposture. On tente
de nous faire croire aussi qu'il existe une
entité supême appelée "Marchés" à laquelle, il
faudrait que nous nous soummettions, parce qu'elle
représenterait l'état naturel de notre société. C'est un
mensonge, un esclavage de l'esprit. Les marchés ont
un visage, c'est celui de l'oligarchie, de la Banque mondiale et
du FMI. C'est un véritable crime de l'esprit.
L'Afrique, sa culture et sa civilisation sont des réalités
vivantes. Pourquoi devrions-nous, tout le temps,
accepter que d'autres pays décident de notre destin à notre
place ? Prétendre démocratise nos Etats,
fabriqués par les Européens, sans leur unité, est une
tromperie. Donc, il n y a pas de répit à espérer;
laisser faire, ce serait se condamner à voir nos sociétés
devenir de plus en plus dures, violentes et
impitoyables. Mais, il n y a pas de fatalité à cette évolution
: il faut donc encourager une véritable unité
des peuples d'Afrique.
Demain ne sera pas comme avant, nous le disons souvent mais, sans
combattre. Si nous ne prenons pas,
tous ensemble, l'avenir de notre continent, en responsabilisant
les populations civiles, en rejetatn ces
frontières qui ne nous appartiennent pas. Si nous n'allons vers
l'entente de nos Etats divisés pour nous
dominer, il est à craindre pour l'avenir de nos peuples et la
survie de nos Etats. Donc, l'unité, c'est notre
seule et unique liberté. Elle est le respect de notre dignité
et celui de nos souverainetés. L'unité, c'est la
paix en Afrique, pour avoir de quoi manger, de se vêtir et de
loger. Elle est la seule réalité possible. Il n' y
a pas d'autre alternative. Il est en tout cas vain de nier cette
réalité ou d'en avoir peur, parce qu'elle nous
dérange. Toute action ensemble, pour nous africains, est un
produit de la liberté.
Nous savons pértinemment que nous vivons dans un monde inhumain,
un jungle, où la raison du plus fort
est toujours la meilleure. Si nous restons divisés, nous vivrons
toujours dans l'indignité totale. Nous
resterons sourds et muets aux différents évènements qui nous
concernent. Donc, faisons une preuve de
courage, de sensibilité, de dignité, de maturité, car nous ne
sommes plus des enfants maintenant, afin
d'unir nos peuples qui souffrent de plus en plus. Ces peuples,
unis, seront assez forts pour se défendre et,
porqu'on peuisse entendre notre voix sur la scène
internationale. Il faut unir nos peuples pourqu'ils
puissent réclamer aux détenteurs actuels un partage de
l'économie mondiale. Une chose est sûre et
certaine : la démocratie, sans notre unité, courira droit à
l'échec, car on ne peut pas redresser une
économie à l'aube du XXIème siècle aux dépens des libertés
fondamentales. C'est à la fois surprenant au
regard de l'Histoire et inexplicable au regard de la logique.
Donc, l'Afrique est composée d'Etats-nations qui sont maintenant
dépassés. Nous avons des Etats et non
des Nations. Qu'est ce qu'une nation ? Un territoire; une
autorité gouvernementale et, surtout, une
population ayant la même culture, la même civilisation et une
histoire commune. C'est ça une nation, c'es
ça l'Afrique. Quant à la démocratie, elle n'existe pas en
Afrique. Donc, arrêtons de changer de discours
par opportunisme politique ou ambitions personnelles. Nous savons
très bien que c'est la liberté que nous
devons apprendre à conquérir, mais pas la démocratie. Car,
celle-ci de naîtra pas d'une résolution adoptée
dans une conférence néocoloniale, comme ce "Sommet de la
Baule", où la France de Mitterand a fait
semblant de croire qu'on pouvait obliger un peuple à devenir
démocrate du jour au lendemain, alors que
sa dignité est piétinée. La démocratie est une réalité qui
doit se conquérir à l'intérieur de l'Afrique par les
Africains eux-mêmes, et pas autrement.
Africains si nous restons divisés, l'Europe unie et les
Etats-unis d'Amérique, concurrent partout, complices
partout, pyromanes partout, alliés partout, continueront de se
faire la guerre par tributs interposées au
coeur de notre continent. Et nos peuples seront les seules
victimes. Il reste dans le monde une part de
nature et de violence, et la loi du plus fort règne sans
partage. Il n'est pas absurde d'espérer que quelques
principes de moral puissent se sbstituer à ces lois de jungle
internationale. Si nous restons divisé, nous
ferons disparître une Afrique de rêves, d'idées, où habite
notre hstoire. Mais en dix ans, comme tout
achangé, comme nous avons changé! Nous voulions la démocratie,
et désormais la démocratie nous
submerge. Elle se fait sans nous. Les moeurs, la liberté, les
mots et les choses, une certaine idée de
l'Afrique, une certaine idée de l'amour, un certain regard
n'existent plus. Nous n'arrivons pas à suivre le
cours effréné du changement depuis l'éclatement de l'Union
Soviètique. La France nous a usés et les
Etats-unis se manifestent de plus en plus, et ce n'est une simple
manifestation. Donc, le monde
d'aujourd'hui nous invite à unir ces Etats.
Nous avons vu que les habitudes totalitaires sont difficiles à
perdre dans nos Etats en apprentissage de
démocratie. Nous avons vu aussi que l'Organisation des Nations
Unies(O.N.U.) est loin d'être unie à
cause de la disparition de l'URSS, que les Américains sont les
seuls décideurs de cette institution, que la
déclaration universelle des droits de l'homme ne nous concerne
pas, que nos indépendances ne sont
qu'une pure formalité, que nos nationalité n'existent pas. Nous
avons vu surtout qu'aucune loi n'est
respectée en Afrique, qu'elle soit continentale ou
internationale. Et pourtant, en théorie dans toute
l'Afrique il y a une loi qui garantit la liberté du citoyen et
l'intégrité de sa personne dans sa vie, ses
croyances. En pratique on est loin du compte.
L'O.U.A(Organisation de l(Unité Africaine, si on peut
l'appeler ainsi, est impuissant et incapable de mettre fin aux
différents conflits qui saignent, dévastent le
continent, dont le plus récent, en 1994 au Rwanda, a fait plus
d'un million de morts. Le premier génocide
en Afrique. C'est une honte pour l'Afrique. Allons-nous rester
bouche-bée et les bras croisés sans rien
faire ? Absolument pas. Nous ne pouvons plus accepter souffrir
dans le silence des choix que les
Occidentaux nous ont toujours imposés : Etats-nations, alors que
nous avons une seule nationalité et un
seul passeport. Esclavagisés, vendus comme du
bétail,colonisés, désunis ou contraints à l'exil, nous
n'avons pas réussi à consolider nos valeurs propres, en tirer
un art de vivre. Nous sommes incapables de
refléchir sur notre avenir, c'est à dire d'anticiper le temps.
Nous avons tant de peine à nous trouver des
dénominateurs communs, à convenir d'un véritable projet de
société, prenant en compte l'ensemble de
notre population civile, ses richesses économiques et
culturelles. Nous ne sommes pas conscients de
l'évolution mondiale telle qu'elle est organisée, c'est
pourquoi nous sommes la misère du monde.
Que la démocratie constitue un défi majeur est une évidence
incontestable. Il n'est pas sûr, par contre,
que la bonne manière de la faire est de rester divisés. Peut-on
parler de démocratie lorsque les partis
politiques sont fondé, malheureusement, sur une base ethnique ù
les Hutus votent pour les Hutus, les
Tutsis au Tutsis ? Peut-on parler de démocratie en Afrique,
alors que 85 pour cent de nos matières
premières ne nous appartiennent pas ? Donc, une indépendance
économique purement formelle? Peut on
parler de cette démocratie, alors que nous ne sommes ni libres,
ni indépendants ? Enfin peut-on parler de
démocratie, alors que nos Chefs d'Etats ne sont pas élus par
nos peuples? Où est leur légitimité ? Où est
l'état de droit ?
Voilà un continent sous-développé par l'Occident. Oui, à
l'aube du XXIème siècle, nous vivons dans la
pauvreté, l'exploitaion, la soumission, la dépendance, et nous
parlons toujours de démocratie. Le
sous-développement défini par l'ONU est catastrophique.
L'Afrique est le continent le moins développé.
Elle est le seul continent encore colonisé, dans le vrai sens du
terme. Et pourtant, l'Afrique est d'une
richesse considérable. La faute à qui ? A nos peuples
d'Afrique. Nous manquons certaines valeurs : le
courage, la dignité, l'honneur et, surtout, la volonté. A
l'aube de ce XXIème siècle, nous parlons de
démocratie, et notre Afrique compte la plus grande proportion de
"pays les moins avancés". Eupherisme
décrivant un état de misère criant. 2/3 des Africains
souffrent de malnutrition, la majorité d'entre nous est
analphabète et la quasitotalité n'a pas accès à l'eau
potable. Au moment où l'Occident nous parle de
démocratie, l'Afrique s'enfonce de plus en plus. Le
développement défini par l'ONU est un indicateur plus
riche que le seul PNB(Produit National Brut) et qui prend en
compte l'espérance de vie(inférieure à 53
ans en moyenne et le niveau d'éducation faible dans toute
l'Afrique. Le constat de cette crise africaine
résulte d'une seule chose: nous manquons de culture
révolutionnaire. Quand un Africain parle de
révolution, l'Occidental le rend dangereux et inhumain. Et
pourtant, c'est à cause de cette révolution que
l'Occidental vit mieux aujourd'hui. Révolution en
"bloc", un passage obligé pour nous Africains.
Au moment où on parle de démocratie, l'Africain moyen vit plus
mal aujourd'hui qu'en 1960. Sa sécurité
alimentaire est plus précaire. Son retard par rapport au reste
du monde en matière de niveau de vie n'a
cessé de s'accroître et sa sécurité physique, dans un
continent où les zones peu sûres s'étendent, s'est
complètement dégradée. Et pourtant, l'Afrique recèle
incomparablement plus de matières premières que
l'Europe ou l'Etrême Orient. Elle bénéficie d'une population
jeune. Les causes de cette dégradation ne
sont pas multiples, elles sont deux: le néocolonialisme et
l'impuissance des Africains de prendre leur destin
en main. Un grand homme sans la protection de son peuple est
appelé à disparaître. Un peuple illégitime,
c'est un peuple soumis et dépendant d'un autre peuple.
Voilà un continent gouverné par les puissances occidentales.
Nous les critiquons, bien sûr, nous critiquons
aussi nos dictateurs, en oubliant nos droits et nos devoirs. Oui,
Africains, nous avons oublié nos droits et
nos devoirs sur l'utilité des "droits du citoyen",
lorsque le fait impose toujours partout son poids et sa
mesure au droit. Le droit est une discipline sociale. Il est
indispensable pour assurer le fonctionnement
d'un groupement humain
Premièrement, le droit: je vous donne un exemple, "allons,
fais ton devoir, et va voter". Cette phrase
représente à elle seule une très grande histoire. En effet,
pourque ce vote devient un droit, puis un devoir,
il faut que l'homme, en tant que telle passe de sa condition de
sujet à celle de citoyen. La qualité d'un
sujet est d'obéïr, c'est ce que nous sommes aujourd'hui en
Afrique : indignité, soumission, exploitation,
dépendance. Tandis que celle d'un citoyen est de décider et
d'agir. Tout citoyen est un homme libre, et
tout homme libre appartient à un peuple souverain. Ce n'est pas
le cas de nos Etats divisés. Dans ce type
de droit, les gouvernés doivent obéïr à une fonction, mais
pas à un individu ou à une puissance
néocoloniale quelconque. C'est l'institutionalisation du pouvoir
du peuple sous la forme de lois, de
règlements ou de coutumes qui garatissent un citoyen sa
légitimité.
Deuxièmement, les devoirs : tout citoyen doit élire et
protéger son élu. Il doit dans une certaine mesure
fidélité et obéïssance à son pays. Il doit participer de
près, ou de loin, à la souveraineté totale de son
peuple. Il doit résister et combattre, par tous les moyens, la
colonisation ou le néocolonialisme dans toutes
ses formes, même si sa vie en dépend. C'est ça qu'on appelle
un Etat émané librement du peuple, où un
équilibre du législatif et de l'exécutif garantirait le
bonheur de tous.
Voilà encore un continent divisé en Etats, ses Etats divisés
en villes, ses villes divisées en régions, ses
régions divisées en quartiers, ses quartiers divisés en
villages, hautement diversifiés au sein d'une même
société segmentée. Un continent africain saturé d'armes,
d'agents secrets, de militaires étrangers, des
multinationales qui, comme une véritable jungle, font la loi
chez nous, en encourageant la barbarie. Notre
seule identité politique s'inscrit à notre appartenance
ethnique qui n'a aucune valeur, aucun lendemain. Si
nous arrivons à passer d'un parti politique à un autre, c'est
également à l'intérieur de sa propre ethnie.
C'est lamentable. Quant à la vie politique, si elle n'est pas
polarisée, est divisée en plusieurs enclaves, dans
notre continent, qui éprouvent une certaine haine, une certaine
hostilité. Nous ne maîtrisons point nos
propres affaires: l'Occident a délibérément provoqué ou
encouragé des guerres partout en Afrique. La
Somalie, comme tous nos Etats en guerre, a été abandonnée par
l'ONU. L'Angola a hérité d'une culture
guerrière venant du colonisateur portugais. Maintenant le
Portugal n'y est plus. La France soutient Dos
Santos et les Etats Sawimbi. La Sierra Leone récupérée
décimée par la colonisation anglaise. Le Libéria,
une guerre encouragée par les Etats-unis. Le Congo Brazzaville,
une guerre encouragée par la France et sa
multinationale Elf Aquitaine. L'Algérie, les Occiodentaux
n'aiment les islamistes au pouvoir. La Guinée
Bissau, la francophonie est passée par là. La République
démocratique du Congo, une guerre typiquement
américaine à cause de la richesse de ce grand pays d'Afrique.
Le Rwanda a été livré à lui-même, c'est à
dire au génocide le plus insensé. L'esclavage en Mauritanie et
au Soudan. La quasi-totalité de nos Etats
n'ont pas de gouvernement digne de ce nom, nos peuples aucune
légitimité.
De toutes les manières les deux seuls pays, qui saignent et
dévastent l'Afrique, sont la France et les
Etats-unis. Ils sont là égoîstement pour défendre leurs
intérêts égoïstes, car des milliards et des milliards
de dollars sont en jeu. L'exploitation de nos matières
premières et les ventes d'armes, en encourageant les
conflits s'il le faut. Et les seules victimes sont nos
populations civiles. Et l'Organisation des Nations
Unies(ONU) est impuissante. Pourquoi ? Parceque toute action de
sa part est entravée par la doctrine
intangible des nations occidentales. Donc, le droit international
ne nous concerne pas nous africains.
Mais, ce qui est étonnant dans tout cela, c'est le comportement
de nos dirigeants politiques. Comment
peuvent-ils adopter des décisions arbitraires et des
comportements irrationnels, quand bien même ceux-ci
ont un cou humain, moral et financier insuportable pour nos pays?
Cela a souvent été le cas au cours de
l'histoire de l'humanité. Pourtant, en ces dernières années du
XXème siècle, de nombreux dirigeants
africains semblent avoir choisi de s'illustrer plus négativement
que d'autres dans ce registre. Cette
propension à accorder de l'importance à l'absurde et au
dérisoire est manifeste dans les nombreux conflits
qui opposent des Etats ou communautés africains à intervalles
réguliers sur ces frontières héritées de la
colonisation. La guerre civile qui oppose l'armée soudanaise aux
rebelles sudistes depuis 1983 en est une
parfaite illustration, de même d'ailleurs que la guerre entre
l'Ethiopie et l'Erythrée, qui a fait des milliers de
victimes depuis mai 1998. Mais, en l'espace de quelques jours, à
la fin de février, les responsables
politiques des différents groupes armés engagés dans ces deux
conflits ont souvent changé de discours,
annonçant qu'ils seraient peut-être disposés à accepter des
solutions pacifiques au lieu de la guerre.
Rompant avec le discours rigide tenu par tous les chefs de
gouvernement qui se sont succédé à Khartoum
depuis le déclenchement de la guerre de sécession du
Sud-Soudan, le Président Omar el-Béchir a annoncé
récemment qu'en fin de compte une sécession du sud du pays
était préférable à la poursuite de la guerre.
"L'option de la séparation du Dud est probable si la guerre
continue et que le nombre de martyrs
s'accroît", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il était ouvert
à toutes les perspectives susceptibles d'aboutir à une
unité véritablei. De son côté, le Président érytréen,
Issaias Afeworki, a annoncé qu'il acceptait désormais
le plan de paix proposé par l'Organisation de l'Unité
Africaine(OUA), et déjà accepté par l'Ethiopie. Du
coup, l'espoir d'une solution raisonnable semble permis, de même
que la fin d'un long cauchemar qui aura
marqué les mémoires des peuples et décimé plusieurs
générations d'hommes valides. Certes les véritables
motivations du changement d'attitude des chefs de guerre ne sont
ni d'ordre éthique, ni même d'ordre
politique. Elles sont surtout dictées par des considérations
purement financières et matérialistes : la guerre
coûtant de plus en plus cher, il est difficile de trouver
indéfiniment le moyen de la financer lorsqu'on ne
peut pas la gagner. Dans l'un et l'autre conflit, le bilan des
hostilités est incalculable.
Au Soudan, l'on estime que la guerre a provoqué la mort de plus
d'un million de personnes et obligé les
autorités à consacrer plus de la moitié du budget annuel à
l'effort de la guerre. Les régions Sud et Est du
pays sont couvertes de mines anti-personnel sur une superficie
estimée à plus de 10 millions d'hectars,
même dans l'hypothèse d'un arrêt immédiat des combats,
l'existence de cet immense champ de mines
aura des conséquences catastrophiques en termes de vies
humaines, de dégradation de l'environnement et
de contraintes sur la production agricole. Quelles sont les
chances de succès des plans de paix proposés ici
et là? Au Soudan, l'on peut parier que les problèmes ne se
régleront pas du jour au lendemain simplement
parce que le chef de l'Etat a fait une déclaration d'apaisement.
En avril1997, un accord de paix avait été
signé par le gouvernement de Khartoum avec six factions sudistes
qui avaient, durant quatorzan, combattu
l'armée. Il a suffi que John Garang et ses militaires de
l'Armée de Libération des peuples du
Soudan(SPLA) s'opposent à cet accord pour le rendre inopérent.
Aujourd'hui encore, en dépit des
déclarations rassurantes du Président Omar el-Béchir, tout est
à faire, et il est possible que rien de
fondamental ne change sur le terrain avant bien longtemps. Car la
guerre crée des habitudes.
S'agissant du conflit Ethiopie-Erythrée, le plan de l'OUA enfin
accepté par les deux parties prévoit
notamment : le retrait des troupes érythréennes de la région
de Badmé(principale zone où se déroulent les
combats), ainsi que le rétablissement de l'administration
éthiopienne qui y était présente avant le début de
la guerre; le déploiement d'une force de paix sur le millier de
kilomètres de frontière commune entre les
deux pays, pour une durée de six mois; la démilitarisation de
la zone de Badmé, qui sera contrôlée par la
force de paix; un arrêt des expulsions massives par chacun des
pays des ressortissants de l'autre pays; la
délimitation, dans les six mois et sous supervision de
l'Organisation des Nations Unies(ONU), de la
frontière définitive des deux pays. Ce plan, qui repose en fait
sur une proposition initiale des Etats-Unis,
est soutenu aussi par le Conseil de sécurité de l'ONU que par
l'Union européenne."S'il faut se féliciter de
toutes ces initiatives qui visent avant toute chose à mettre fin
aux brutalités et violation des droits de
l'homme qu'impliquent les guerres, il faut cependant se rendre à
l'évidence : aucune des solutions
proposées ici et là ne se focalise sur le problème de fond,
qui est celui de la validité des frontières que
les différents Etats africains ont hérité de la colonisation.
Même s'ils se concrétisent, l'initiative du
Président Omar el-Béchir et le plan de paix de lOUA pour la
corne de l'Afrique serviront simplement à
calmer les tensions, et non pas à jeter les fondements d'une
paix sociale durable. Ces solutions agiront
peut-être comme un analgésique qui calme la douleur sans pour
autant combattre véritablement les
causes profondes de la maladie, car ces frontières représentent
un véritable cancer pour l'Afrique...
Car la guerre au Sud-Soudan, celle d'Ethiopie-Erythrée, et aussi
dans la région des Grands Lacs et
bien d'autres conflits africains naissent de ce que l'on pourrait
appeler la tyrannie des frontières. Dans
sa Charte de mai 1963, l'OUA avait adopté le principe de
l'intangibilité des frontières coloniales. Ceci
afin d'éviter l'embrasement général d'un continent qui avait
été arbitrairement découpé et partagé entre
les puissances coloniales lors de la Conférence ou de la
"Sauvagerie" de Berlin, entre 1884-1885.
N'est-ce-pas un crime contre les peuples d'Afrique ? Cette
décision, de malveillance, était cependant
contraire à ce qui s'était fait partout ailleurs dans le monde,
notamment en Europe de l'Est où les
frontières furent rediscutées et retracées plusieurs fois...
Aujourd'hui, les peuples africains se retrouvent pris en otage
dans des territoires qui ne correspondent
ni aux grandes aires historiques, ni à des zones culturelles,
économiques et politiques homogènes. Dès
lors, il est facile pour n'importe quel apprenti sorcier de la
politique de se déguiser en chef de guerre
pour réclamer une identité quelconque. Il me parait donc urgent
d'engager une réflexion à l'échelle
continentale sur le moyen de retirer aux frontières actuelles
leur "venin", c'est-à-dire simplement
d'organiser une véritable intégration politique du continent
africain..." (1)
En vue de toutes ces réalités, je me demande où allons-nous?
Vers quel avenir? Tous les africains doivent
se mobiliser contre cette injustice, au nom des valeurs qui
fondent notre existence. Ces valeurs s'appellent
unité, liberté, solidarité et fraternité. Ce sont des valeurs
qui doivent être les nôtres, celles qui doivent
donner sens à notre vie, celles qui doivent déterminer nos
finalités et nos aspirations. Donc la démocratie,
pour nous Africains, c'est de vivre, conjuguer et agir ensemble.
Aujourd'hui dans tous nos Etats, la faim
existe encore à l'état endémique. Des populations,
entièrement déchirées par des guerres civiles, à cause
de leurs matières premières, dues principalement au
néocolonialisme, sont confrontées à des conditions de
vie inacceptable.
Donc, nous avons deux choix possibles : premier choix, nous
restons divisés, c'est la guerre, la misère,
l'exploitation; deuxième choix, nous réalisons les Etats-Unis
d'Afrique, c'est la liberté, la paix, le
développement, c'est à dire le bien-être et la dignité
retrouvée.
Premier choix : nous nous contenterons uniquement de nos
indépendances fictives, de nos nationalités
fabriquées par le colon, de nos frontières héritées du
colonialisme sans jamais avoir une véritable
démocratie, un véritable état de droit; nous nous obstinerons
dans nos rivalités séculaires, nos égoïsmes et
nos rancunes "historiques de tous ordres"; nous ne
saurons jamais nous hisser à l'heure de l'avenir, c'est à
dire à l'heure de la mondialisation; nous resterons impuissants
et incapables aux multiples menaces qui
pèsent sur nos épaules: armée étrangère, vente d'armes,
mercenaires, coups d'Etat, multinationales
étrangères; nous resterons sourds et muets aux différents
conflits qui se sont produits à l'intérieur de nos
Etats et, qui sy reproduiront dans toute la longueur de leur
enceinte; nous ne saurons jamais mesurer la
grandeur des périls encourus et nous épuiserons nos forces à
nous entretuer, ou bien à réanimer,
uniquement, les méfiances réciproques qui, voulues et obtenues
par l'Europe qui s'assemble, nous hantent
depuis des années.
Chacun de nos Etats, fabriqué par le colon, sera isolé et se
livrera à la solitude. Chacun d'eux, étant
travaillé de l'extérieur et, surtout, de l'intérieur par des
forces parfois invisibles superbement organisées et
solidement efficaces, ne pourra résister sérieusement à
l'Europe unie et aux Etats-unis d'Amérique. Après
avoir "pourri" toute l'Afrique, ces forces reviendront,
tôt ou tard, pour recoloniser nos Etats qu'ils ont
eux-mêmes fabriqués. Si nos Etats restent divisés et se
montrent incapables de s'unir, ils seront toujours
une proie facile et très tentante pour tous ceux qui rêvent et
rêveront de s'emparer définitivement de notre
continent. Nos, eux, contribueront par leurs propres divisions et
leurs dramatiques incertitudes à renforcer
à l'Occident tous ceux qui ne rêvent que d'exploitation, de
conquêtes et de puissances néocoloniales; ils
seront l'objet des pires chantages de plus en plus menaçants.
Tandis que le spectacle de leur désunion
navrera et poussera au découragement, à la fuite des
"cerveaux" et à l'inactivité de tous les hommes qui,
dans le continent africain, auront pu rêver d'une Afrique libre
et indépendante, d'une Afrique de dignité,
de fierté et de solidarité. Notre propre faiblesse, notre
peopre impuissance, notre propre incapacité, notre
propre peur, et notre propre désunion donneront partout prime à
la barbarie, à l'injustice sociale, à la
misère et à la souffrance. Culturellement, socialement,
économiquement et indignement, nous resterons
toujours à la même place.
Deuxième choix, les Etats-Unis d'Afrique : nous changeons de cap
et nous allons vers l'unité sans
aucune hésitation. Nos Etats, fabriqués par ceux qui nous ont
colonisés, dépassant enfin les vieilles haines
méfiantes, nationalistes qui firent tant de mal à nos peuples,
sauront s'imposer progressivement vers une
véritable unité des peuples d'Afrique, qui sura affirmer : une
politique économique commune, une
politique sociale commune, une Défense nationale commune, ce
jour-là ce sera notre indépendance
nationale à jamais. C'est l'unique chance pour nos Etats à
résister face au néocolonialisme, à l'exploitation
de nos matières premières. C'est la seule chance pour nos Etats
d'assurer leur sécurité. Seule une Afrique
unie peut ménager les chances d'un avenir rassurant. Si nous
savons faire preuve et montrons d'une
indiscutable volonté d'unir nos peuples, les plus beaux espoirs
nous appartiennent et les plus beaux jours
sont devant nous.
L'unité de nos Etats est notre seul avenir. Tout ce qui pourrait
contribuer à troubler, à empêcher ou à
rompre une telle initiative serait néfaste pour nos peuples.
L'unité, la seule et unique, est notre seul devoir.
Elle est aussi le respect de notre dignité, celui de nos
souverainetés et, surtout, la paix en Afrique. L'unité
africaine est égale liberté. Les ennemis de la liberté des
Africains ne manquent pas. Et pourtant, il nous la
faut par tous les moyens, c'est une question de vie ou de mort.
Nos peuples, depuis l'esclavage en passant
par la colonisation et le néocolonialisme, ont été en deuil
pendant presque trois siècles. Trois siècles de
mauvais tratements, d'exploitation, de dictature, de frénésie
miulitaire et d'ingérence occidentale, la main
fait le geste de l'instinct et non celui de la raison. Tant
d'années de barbarie, de militaires étrangers, de
mercenaires, de fausse coopération, d'arrestations et de
condamnations arbitraires, de tortures,
d'agressions extérieures, de coups d'Etat, de faux procés, de
l'élimination physique de nos vrais africains,
de mensonge, de guerres civiles, de silence(boucher les oreilles,
fermer lers yeux) et d'exécutions
extrajudiciaires, la parole bafouille.
Mais à qui demander de la mémoire ? A un peuple aficain
décapité de son histoire, à qui on a menti dans
les moindres détails de son existence, à qui on a toujours
piétiné l'honneur et la dignité, à qui on a
sous-développé économiquement et culturellement, à qui on a
divisé pour régner éternellement ? A un
peuple qu'a rendu sour , muet et aveugle de sa propre culture et
de sa propre civilisation, voué à ne se
souvenir que des misères quotidiennes, de l'injustice
sociale(allant à l'encontre des principes fondamentaux
de la liberté), de la souffrance auxquelles, est-il condamné à
perpétuité ? Mais la mémoire des faits et des
gestes sera-t-elle retenue comme une circonstance atténuante ?
Nous avons le droit et le devoir de
conquérir cette liberté, car le peuple africain continue de
souffrir à cause de sa division, sa balkanisation
et, surtout, du néocolonialisme.
Nous avons vu que ces nationalités n'existent pas. Donc notre
seule et unique direction, c'est d'aller vers
nos Etats-Unis. Nous n'avons nulle autre direction que celle de
les unir. Il faut combattre, à tout prix et
par tous les moyens et, lutter intéligemment pour le triomphe de
la vérité, c'est à dire la liberté. Nous
devons être fermes et faire preuve de patience et d'endurance
pour obtenir des résultats, encore des
résultats, car on ne nous mettra pas cette liberté sur un
plateau. Avant d'avoir une chance de pouvoir
parier sur une autre direction sûre qui n'existe pas, ou bien
avant l'éclaircie qui permettra de mieux
distinguer notre chemin, il faut que nous sachions patienter,
attendre et aller tout droit vers la direction de
l'unité, qui est le triomphe de notre liberté. Il n y a jamais
eu de démocratie sans liberté. Donc, il n' y aura
jamais de démocratie en Afrique sans l'entente de nos Etats.
Telle est notre direction aujourd'hui à l'aube du XXIème
siècle. Elle est telle quelle: nous n'y pourrons rien
changer. Que nous en grimacions ou pas, nous avons à la
traverser, petit pas après petit pas(et non pas un
pas en avant et deux en arrière), ou bien piétiner sur place.
Il n' y a pas moins de mérite à savoir s'y
adapter que, savoir rencontrer ou affronter les évènements dans
leur pleine intensité. Il faut gagner du
temps ? Gagnons du temps, à une seule et unique condition, de ne
pas perdre de vue le chemin qui nous
mène vers l'unité. Dès-qu'elle seraréalisée ou réalisable,
moment venu, seule cette unité pourra affermir
une paix en Afrique. Donc, tout nous invite à aller vers elle.
Si nous nous laissons vivre selon l'opportunité
au niveau des difficultés et énormes problèmes que traverse
notre continent, nos Etats n'échapperont
jamais à l'injustice sociale et à la barbarie. si nous ne nous
fixons pas une ample stratégie, avec les
objectifs les plus dignement et les plus hautement ambitieux, nos
Etats, eux, disparaîtront. Si nous nous
bloquons entre des superficies, des frontières tracées, au
compas et à la règle par le colonisateur, si nous
ne savons pas appeler à une entente de nos Etats et à une
politique ouverte, nous serons aussi vulnérables
que les poissons de la mer. Plus que jamais l'unité doit être
dans nos coeurs et dans nos cesprits.
Raison et avenir appartiennent aux hommes et femmes qui nous
gouvernent, ou à ceux qui sont capables
d'y contribuer. A ceux qui, contre tous défis, toute pression et
calomnies, sauront envisager les
négociations à la dimension de la plus grande histoire
africaine. Les chefs d'Etats qui ont pillé l'Afrique,
laissant mourir de faim nos peuples, les bourgeois "sans
scrupules", les néocolonialistes n'auront pas leur
place dans la négociation. Mais pour autant, l'on ne saurait se
cacher que la réussite comme l'effort de
négociation, lui-même, n'iront pas sans une forte opposion du
monde occidental propriétaire des
multinationales. Seuls peuvent réussir afin de parvenir à des
résultats, des hommes d'Etat tenaces,
constants, capables du plus beau sang froid dans les
circonstances les plus délicates ou sous le coup des
déceptions les plus cruelles. Il y a des périodes dans
l'histoire d'un peuple, qui exigent des hommes
inspirés, amoureux de bataille, type Soundiata Keïta, Elhadj
Omar, Béhanzin Diop, Samory Touré, etc...
il y a d'autres qui appellent plutôt des conciliateurs, habiles
à négocier l'impossible, genre:
NELSON MANDELA , l'ex-prisonnier politique et l'ancien président
de la République sud-Africaine, est
un homme de conviction et de caractère. L'histoire de cet homme
est, bien entendu, très étroitement liée à
l'apartheid qui signifie le nazisme, comme le National socialisme
d'Adolphe Hitler. Le racisme qui suppose
la supériorité de quelques peuples et qui implique
l'assujetissement des autres. Et pourtant, la vie a ceci de
prodigieux que chaque être humain possède une physionnomie
unique, mais que tous les hommes,
ensemble, constituent une seule famille: la grande famille de
l'humanité.
Il est assurement impossible d'exprimer par des mots ou des
chiffres ce que Mandela et nos frères
sud-Africains ont enduré durant des années: les pertes en vies
humaines et les destructions furent
immenses; les gares, les voitures de transport, les restaurants,
les salles de spectacle ou de réunion sont
interdits à une catégorie de personnes à cause de leur
couleur. Telle est la supériorité de la race blanche,
tel est l'apartheid. C'est du racisme, et ce dernier est
appliqué exclusivement par la race blanche, donc à
leur avantage. Or que celle-ci ne représente que 12% de la
population. Donc, les inombrables partisans du
racisme et de la ségrégation ont pu contempler, avec
satisfaction, la réalisation institutionnalisée de leur
désir: l'apartheid. Ce terme même correspond au nazisme. Car
les blancs d'Afrique du sud, comme le
National socialisme d'Adolphe Hitler, se fixaient deux objectifs:
l'anéantissement des noirs et des juifs,
ensuite l'élargissement de leur espace vitale. Telle était
l'idéologie de l'apartheid et du nazisme. Une telle
politique impliquait une politique intérieure et une politique
extérieure liée tendant vers un but unique:
assurer la sauvegarde et la suprématie des blancs. Mais, il faut
savoir que ces racistes(les Afrikaners) n'ont
pas manqué de soutien au sein des nations dites civilisées.
Celles-là même qui ont considéré que le
nazisme est à banir, que le racisme est une violation des droits
de l'homme. Aujourd'hui, après le triomphe
de la vérité, c'est-à-dire la liberté, l'Afrique du sud nous
fait rêver, mais gare aux illusions. En effet, elle ne
saurait tenir à elle seule, à bout de bras, les autres Etats
qui se portent mal. Elle aura, en effet, fort à faire
pour résorber les disparités économiques et sociales criantes.
Nelson Mandela est un porteur d'espoir. Son
devoir n'est plus maintenant le démantèlement de l'apartheid ou
bien de soutenir la candidature de son
pays pour la prochaine coupe du monde de football, mais
d'encourager et de réaliser cette unité africain,
dont ont besoin tous les Africains.
Dix ans après sa libération, le 11 février 1990, Nelson
Mandela a le droit et le devoir de s'occuper
maintenant de cette Afrique désunie et inquiète. A 80 ans, il
un tout jeune africain, plongé au coeur d'une
toute fraîche liberté. Sa santé est bonne, parfaitement bonne
qu'elle peut l'être chez un homme de son
âge. Son emploi avant, celui de chef de l'Etat, est une sorte de
postface glorieuse. Son emploi à venir,
celui d'unir l'Afrique, sa vie ne sera pas vécue pour rien, tant
l'existence de Mandela apparaît à la fois
riche et complète, tant le mythe qui l'entoure. Mandela se
familiarise avec la prison et les commissariats
dès 1956, lui même et une dizaine de ses camarades sont jetés
nus dans une vaste cellule humide: "En
fait, je n'ai pas cessé de rire, j'ai observé certains de mes
amis et j'ai vérifié l'adage selon lequel,
vraiment, c'est l'habit qui fait le moine", confit-il. Le 5
août 1962, Nelson Mandela est arrêté, parce
qu'il est noir. Commencent alors 27 années d'emprisonnement. Sur
les circonstances de son arrestation,
Mandela n'apporte rien qu'on sache déjà. Elle eut lieu à la
suite d'une dénonciation et le leader de l'ANC
ne pense pas, comme beaucoup l'ont sugggéré, que la CIA
américaine ait été à l'origine de l'information
qui permit à la police sud-africaine de l'appréhender. Les
premières années de prison, en revanche, furent
ihnumaines et dégradantes. Il était interdit de parler, de
chanter ou même de siffler, et le travail dans une
carrière de pierres blanches, sous une lumière aveuglante,
finit par donner à la plupart des détenus, et
notamment à Mandela, de violentes migraines ophtalmiques qui,
aujourd'hui encore, le tourmentent.
A partir de 1976, des centaines de jeunes, arrêtés lors des
émeutes de Soweto, viennent rejoindre
Mandela et ses camarades en prison. Obsédé par l'idée de ne
pas apparaître comme "un fossile politique"
et persuadé qu'il sera un jour libéré, Mandela les accueille
et les forme, profitant pour cela de
l'assouplissement des conditions de détention. Libérés au
cours des années 1980, ce sont eux qui, par la
suite, iront régénérer l'ANC. Lorsque Mandela, six ans avant
sa libération, commence à négocier avec le
pouvoir raciste, il n'ignore pas que le but de Pieter Botha puis
de Fredrik De Klerk est de faire éclater
l'ANC entre une aile "modérée" représentée par lui
et une aile "radicale" basée à l'extérieur. Mandela
le
savait tout ça, mais il a eu le courage singulier de refuser
toute libération anticipée. Et le seul homme qui
aurait pu l'égaler, voire dépasser sa popularité, Steeve Biko
assassiné dix ans auparavant. Lorsqu'il sortait
de prison, après dix mille jours de détention, Mandela
n'apparaît-il pas le dernier des grands libérateurs de
l'Afrique, après les disparitions de Krumah, Nasser, Sankara,
Lumumba et consorts ? N'est-il pas le
dernier géant de l'ère d'avant télévision ? Son
identification avec l'Afrique est totale.Mais Mandela n'a pas
respecté sa mission, car comment peut-on accepter cet apartheid
sans que justice soit faite? Dans ce pays
aujourd'hui, il y a toujours un véritable apartheid économique.
90% de la richesse sud-africaine est
destinée aux 12% des blancs, tandis que 10% de cette même
richesse aux noirs. C'est inacceptable
MOUAMMAR KADDAFI, le président libyen, est un véritable
révolutionnaire. La liberté, c'est de
pouvoir dire "non", Kaddafi sait le faire. Il ne vit
uniquement que pour son peuple, qu'on écrive n'importe
quoi sur lui, qu'on le veuille ou non, il conserve la
souveraineté nationale de son peuple. Il n'accepterait
jamais d'ingérence dans son pays, comme celle du Rwanda, qui a
fait un million de morts. On le traite de
terroriste ou de dictateur, parce que les grandes puissances
n'arrivent pas à mettre leurs mains sales sur
son économie, surtout, sur son pétrole. Kaddafi est, sans aucun
doute, l'homme africain de ce siècle qui
est entrain de mourir. Son fonds de commerce: union, fusion,
liberté, dignité, refus du néocolonialisme.
En 1958, on découvre l'or noir dans ce pays, c'est-à-dire le
pétrole. Le roi Idriss, qui avait la destinée des
libyens, a bradé ce pétrole aux puissances occidentales pendant
onze années. Au mois de septembre 1969,
le roi est déposé par un certain colonel qui allait inventer
une autre façon de faire respecter un pays du
tiers-monde. Ce colonel s'appelle Moummar Kaddafi qui crée
automatiquement un conseil de
commandement national. Il voulait être un leader incontestable
dans le monde entier, mais avec ses cinq
millions d'habitants, il est incapable de réaliser ce rêve.
L'unioniste commence alors à marchander pour la dignité des
peuples opprimés; union avec le Soudan et
l'Egypte(la syrie s'y joindra en 1970), mais l'union ne prendra
pas corps; en 1971, tentative de fédération,
Egypte-Libye-Syrie, brisée par les Anglosaxons en 1973; dans la
même année, ce révolutionnaire isolé
lance un appel à son peuple pour un soulevement populaire contre
le néocolonialisme. Il nationalise 60%
des sociétés pétrolières libyennes; en 1981, fusion avec le
Tchad qui ne prendra aucun effet à cause des
Occidentaux, notamment les Américains; en 1984 une nouvelle
tentative de fusion avec le Tchad, là c'est
l'armée française qui intervient; en 1989, Mouammar Kaddafi
signe un traité d'union avec le Maghreb, les
Etats-Unis le déstabilisent et l'accusent de construire une
usine d'armement chimique, et le bombardent
avec leurs bombes. A vrai dire, si cet homme n'est pas l'homme de
ce siècle en Afrique, je me demande
qui pourrait l'être ?
Peut-être Nkruma et, surtout, le jeune Thomas Sankara, oui ce
fils de paysan est un grand homme. Mais
ces deux derniers n'ont pas pu durer au pouvoir. Peut-être Gamal
Abdel Nasser qui n'a jamais baissé les
yeux, mais décédé très tôt. Peut-être Patrice Lumumba ou
Steeve Biko, les assassins sont passés par là.
Peut-être Nelson Mandela, mais comment, peut-on, en tant que
démocrate, accepter cet apartheid sans
que justice soit faite? La justice est le premier devoir d'un
démocrate. On ne marchande pas aussi la
démocratie, c'est le peuple, lui-même, qui doit l'imposer. Les
blancs racistes ont imposé une amnistie
générale, concernant l'apartheid, afin de donner le pouvoir aux
noirs. Aujourd'hui dans ce pays, il y a 12%
de citoyens et 88% de sujets. La démocratie, quant à elle,
n'existe pas, car les noirs votent pour les noirs
et les blancs pour les blancs. Où est la démocratie ?A la
trempe de Gamal Abdel Nasser, Kaddafi n'a pas
froid aux yeux. Mais, malheureusement, son élan a été freiné
par un embargo décrété par les Etats-Unis
d'Amérique à cause de l'impuissance de l'Organisation des
Nations Unies(ONU), sous pretexte qu'il est lié
au terrorisme international. Quel est son crime? C'est d'avoir
défié les grandes puissances occidentales. Il
a consolidé son pouvoir par son charisme et son verbe
anti-colonialisme et des frontières héritées de la
colonisation. La décrue de la natalité en Europe stagne.
L'Afrique, quant à elle, est entrée dans une phase
de transition démographique galopante. Cette explosion
démographique, en Afrique, avec le doublement
de la population à chaque génération, a inquiété. Les
politiques de réduction du nombre d'enfants par
femme, encore de l'ordre de six dans la plupart des pays, ont
été accueillis négativement par Mouammar
el Kaddafi pour lequel démographie galopante rime avec nation
puissante.
Il a compris qu'un peuple nombreux uni, solidaire, orgueilleux,
ne peut qu'inspirer du respect. Il a compris
aussi que si les Etats africains restent divisés, ils ne
retrouveront jamais leurs indépendances définitives.
De nombreux conflits, qui ont ébranlé l'Afrique, concernent ces
frontières tracées de sang. Donc, il faut
remettre en cause ces dernières. Le principe de la non remise en
cause de ces frontières héritées du
colonialisme, garanti par la Charte de l'OUA depuis sa création
en 1963, est le produit du néocolonialisme.
Ce principe n'a été remis en cause que par Krumah, Julius
Nyéréré, Sékou Touré, Cheik Anta Diop
Patrice Lumumba et Mouammar el Kaddafi. Les tentatives de prise
de contrôle du marché pétrolier par
les producteurs occidenteaux se sont toutes heurtées à
l'opposition de cet homme. Il a compris qu'aucune
association de producteurs n'a réussi à réunir l'ensemble de
l'OPEP et même au sein des organisations une
discipline commune, notamment des quotas de production définis,
a rarement été respectée. Par ailleurs,
au délà du discours européen sur la nécessité pour les
producteurs de s'organiser. Les grands groupes
industriels et financiers occidentaux, comme Elf Aquitaine, Gulf
Oil, Shell, Total, ont tout fait pour
conserver le contrôle des marchés internationaux. Kaddafi, lui,
ne l'a pas accepté. Le pétrole de son pays
appartient à son peuple.
Le 15 avril 1986, les Etats-Unis bombardent son pays, en
l'accusant de construire une usine d'armements
chimiques sur le site de Rabta. Les Américains détruisent
plusieurs de ses avions. Le 10 septembre 1989,
un attentat contre un DC10. Kaddafi est accusé. Il reconnait
personnellement d'être impliqué dans cet
attentat. Mais combien d'Africains sont morts à cause de la
colonisation, de l'esclavage du néocolonialisme
et des deux guerres mondiales(14-18 et 39-45) ? Avons-nous, nous
Africains demandé à être déportés ou
colonisés ? Kadhafi est un résistant, comme toute personne
opprimée. Le colonialisme européen a trouvé
un successeur dans l'impérialisme américain. Comment, peut-on,
continuer à exploiter, humilier, opprimer
des peuples entiers à cause de leurs richesses et les assujetir?
Il y a des chefs d'Etat qui peuvent
l'accepter. Par contre d'autres, comme Kaddafi, ne pourront
jamais l'accepter. Ils agiront selon leurs
moyens. Malgré la création de l'ONU, et de ses milliers
d'organismes d'assistance divers, malgré la
Déclaration Universelle des droits de l'homme et du citoyen,
malgré de multiples et interminables
conférences internationales, malgré des efforts nombreux plus
ou moins désintéressés, plus ou moins
habiles; gouvernements occidentaux, institutions,
multinationales, banques internationales, experts,
coopérants, mercenaires, agents secrets(une mine de vipères)
rivalisent pour exploiter et appauvrir les
peuples du tiers-monde. Les Africains peuvent l'accepter, parce
que c'est dans leur nature depuis
l'esclavage, c'est une situation cauchemardesque. Mais, il y aura
toujours des hommes dignes de ce nom,
comme Kaddafi, qui combattront pour la défense de leur dignité,
car ils ont compris que leurs
indépendances sociale et politique sont une réalité purement
formelle, leur souveraineté économique, une
utopie. En 1999, Kaddafi se soulève pour les Etats-Unis
d'Afrique. N'est-ce-pas un devoir pour tout
africain, surtout, à nos dirigeants? Ce siècle qui est entrain
de mourir appartient à Mouammar el Kaddafi,
sans aucun doute. Je vais vous dire ce que j'ai déjà dit : il
n' y aura jamais de démocratie sans l'unité réelle
de nos peuples. Tout le reste c'est des faux problèmes. En
Afrique noire, il n' y a pas de démocratie. Je
remercie ici, présentement, le leader libyen. Il est un grand
homme. Merci Kaddafi.
ZINE ABIDINE BEN ALI, le président tunisien, est un homme d'un
courage exemplaire. Parmi les
hommes d'Etat en action en Afrique figure, bien sûr, Ben Ali.
Dès son arrivée au pouvoir, en 1987, en
destituant le père de l'indépendance de la Tunisie, Habib
Bourguiba, il libére tous les prisonniers politiques
et supprime automatiquement la cour de sûreté créée dans les
années 68 par l'ancien président. Certes, il a
pris le pouvoir non pas par un coup de force, mais par
l'incapacité intellectuelle à Bourguiba de gouverner.
En 1988, en poursuivant la libération des prisonniers
politiques, il autorisa le multipartisme et supprime, en
même temps, la présidence à vie.
En 1988, ont eu lieu les premières élections législatives.
Dans la même année, il fut réélu président de la
République. Son pouvoir a su conjuguer avec les islamistes
Ennahda. Il a su maîtriser, intelligemment, ce
mouvement extrémiste, au nom de l'unité nationale, même si
certains l'accusent de violation des droits de
l'homme. Porté à la tête de l'Organisation de l'Unité
Africaine(OUA), il y a joué un rôle considérable. En
acceptant cette mission, à un moment où le continent
apparaîssait comme le laissé-pour-compte, il savait
que la tâche ne serait pas aisée. Aucune région du monde n'est
confrontée à tant de fléaux à la fois :
sous-développement, guerres civiles, endettement,
désertification, délabrement du système éducatif,
antagonismes sociaux et ethniques, etc...le président Ben Ali,
bien qu'accaparé par les problèmes de
restructuration et de modernisation de son pays, a accepté de
relever le défi, animé qu'il était par une
grande ambition de servir l'Afrique, et les pays en voie de
développement d'une manière générale.
Etat du nord de l'Afrique, grâce à une politique pragmatique et
déterminée, fondée sur la formation et les
réformes structurelles tous azimuts, enregistre aujourd'hui des
pérformances remarquables dans tous les
domaines. La Tunisie de Ben Ali a voulu partager son expérience
et délivrer un message d'espoir. Les
entretiens, qu'il a eus avec plusieurs chefs d'Etat en Afrique,
ont permis de mettre en place un cadre
juridique de coopération, de définir une politique concertée
en vue de projet de codéveloppement et
d'échanges commerciaux. Il faut dire son entente avec certains
de nos dirigeants, notamment Nelson
Mandela, et leur convergence de vue ne pouvaient déboucher que
sur un renforcement d'une réelle
politique d'intégration régionale.
WINNIE MANDELA, l'ex-femme de Nelson Mandela, est une femme
exemplaire. Au moment où on
parle de l'émancipation féminine, de l'égalité entre hommes
et femmes, il y a déjà des femmes qui ont
démontré qu'il ne suffit pas de tracer des lois pourque la
femme soit égale à l'homme, c'est le cas de
Winnie Mandela. Egalité entre homme et femme, tout le monde en
parle, d'autres au bout des lèvres.
Utopie ou science fiction ? Les prophéties ne manquent pas
concernant la femme de demain. Parité
homme-femme. Certaines prophéties ont l'air surgies des rêves
de savants fous. D'autres paraissent plus
raisonnablement élaborées par des "futurologues"
pondérées et clairvoyant qui nous parlent de moins de
cinq cents ans. L'exemple de Winnie Mandela montre que cette
égalité ne se décrète pas, elle s'impose.
Quoi qu'il en soit, et compte tenu de la supériorité de l'homme
sur la femme, et cela dans tous les
domaines, il est déjà possible de décrire que cette égalité
sera vraie que si et seulement les femmes
combattent, car c'est une injustice. Et pourtant, d'autres
trouvent raisonnables de dire que tous les
hommes naissent libres et égaux. Oui, un nouveau-né, c'est
d'abord et avant tout le fruit de l'amour que se
portent l'homme et la femme qui l'ont conçcu. Que ce soit une
fille ou un garçon, au regard de la loi, tous
les hommes naissent libres et égaux, c'est un futur citoyen, un
individu à part entière dont toute l'existence
est déjà jalonnée, codifiée, prévue. Que ce soit une fille
ou un garçon, à l'âge adulte, chacun devra à se
soumettre à certaines dispositions qui forment le droit de
chacun des deux: fille ou garçon.
En venant au monde, chacun des deux acquiert le droit à la
"personnalité". C'est ce passage de l'état
foetus à celui du nouveau-né, réalité juridique de l'enfant,
qu'il soit feminin ou masculin, confère à chacun
des deux la personnalité. Qu'est donc la personnalité ?
Juridiquement dans tous les pays, elle est donnée à
l'enfant par la Déclaration et l'acte de naissance. Pourquoi
donc, diable, les femmes accepteraient-elles
d'être dominées par des hommes, égoïstes et incapables, qui
ne pensent qu'à eux-mêmes et à leur
fantasme. Certaines peuvent l'accepter, par contre d'autres,
comme Winnie Mandela, ne l'accepteront
jamais. Elle est la principale actrice qui a fait tomber
l'apartheid.
La Commission "Vérité et réconciliation" de Desmond
Tutu, que je respecte, a rendu cette année sa
conclusion, concernant l'apartheid en Afrique du sud. Cette
Commission, amputée de la justice, a accusé
Winnie Mandela de violation des droits de l'homme. Lors de la
Déclaration Universelle de ces droits de
l'homme, qui en trompe l'oeil, je me demande si c'est l'ANC de
Winnie Mandela qui a refusé de la voter,
ou bien le régime fasciste de Pieter Botah et de Fréderic De
Klerk, dont les noms n'ont pas été cités. Il est
évident qu'après la vérité, la justice devrait passer, et
après la réconciliation. Le régime des blancs
d'Afrique du sud ne devrait-il pas être jugé par les nations
unies ? Certes, car l'apartheid est un crime
contre l'humanité.
Qui a inventé le racisme ? Les noirs de Winnie Mandela ou bien
les blancs de Pieter Botha ? Des gens qui
sont venus chez nous, et qu'on a donné l'asile. Et maintenant
ces même gens créent le racisme en refusant
de reconnaître notre dignité et nos droits les plus
élémentaires. Donc, qui a inventé l'apartheid? L'ANC de
Winnie Mandela ou le régime fasciste des blancs d'Afrique du sud
? Revenons un peu en arrière. Les
premiers blancs qui touchèrent l'Afrique du sud furent les
Portugais; mais les premiers qui s'y établirent
furent les Hollandais, puis les Britanniques en même temps que
les Scandinaves, Français et Allemends. A
la fin du XIXème siècle, l'Afrique du sud est devenue une
pièce importante de l'échiquier colonial. Les
Anglais s'y sont assurés une position forte contre les visées
allemandes. Les colons d'origine hollandaise,
appelés Boers ou Afrikaners, se sont farouchement opposés à la
colonisation britannique, alors qu'eux,
aussi, sont venus pour coloniser. Donc, les trois pays, à savoir
l'Angleterre, l'Allemagne et, surtout, la
Hollande ont crée l'apartheid, en vue de maintenir l'acquis
social et, surtout, économique de la
colonisation. Les noirs n'avaient ni droit de vote ni liberté de
déplacement. Ils devaient témoigner aux
blancs les plus grandes marques de respect sans qu'il y eût,
bien entendu, d'obligation réciproque, alors
que Winie Mandela n'était même pas encore née, et on l'accuse
aujourd'hui de violation des droits de
l'homme.
Les blancs ont coupé ce pays en deux parties à la façon de
l'Allemagne, du Viêt-Nam ou de la Corée.
L'Afrique du sud divisée en deux Etats soumis à deux régimes
différents, mais bien coupée en deux
communautés: l'une, la communauté blanche, la citoyenne, et
l'autre, la noire, sujette à l'intérieur du
peuple qui l'habite, comme on séparerait les globules rouges et
les globules blancs dans le sang d'un même
individu. Tel est l'apartheid. C'est une politique raciale, et
cette politique n'est pratiquée que par des blancs
racistes.
Qui a inventé l'antiracisme ? L'ANC de Winnie Mandela, bien
sûr. Il serait erroné de croire que cette
dame, cette grande dame, d'un caractère à l'état pur, il
serait erroné de croire que cette femme, d'une
forte personnalité, accepterait sans réagir à cette situation
qui était imposée à son peuple indigné. Les
blancs du monde entier la détestent, parce qu'elle n'est pas
couchée. L'implantation des blancs racistes
s'est longtemps heurtée à l'opposition farouche de cette femme
exemplaire. Un cas unique en Afrique. La
France a eu sa Jeanne d'Arc, l'Afrique a sa Winnie Mandela. Sans
elle, Nelson Mandela serait aujourd'hui
encore en prison. Sans elle, l'apartheid serait aujourd'hui
encore vivant et l'Afrique du sud ne serait pas ce
qu'elle est aujourd'hui. Un avenir pour l'Afrique.
JERRY RAWLINGS, le président du Ghana, est l'un des pionniers de
cette Afrique exploitée. Il est le
vrai fils spirituel de Nkruma, le père fondateur du
panafricanisme. Profitant d'un voyage de Kruma en
Chine, l'armée s'empare du pouvoir par le général Akufo Addo.
Le 4 juin 1979, de jeunes officiers
subalternes, dirigés par un certain capitain Jerry Rawlings, se
soulèvent contre le pouvoir en place, à cause
de la corruption qui y régnait à l'état endémique. En 1981,
Rawlings prend le pouvoir par un coup d'Etat.
Il suspend automatiquement la constitution et supprime tous les
partis politiques à cause d'une
malheureuse et regrettable coloboration néocoloniale. En effet,
cet état était une bannière américaine. Il
écarte au pouvoir tous les colaborationistes et les éléments
les plus dangereux, au nom de la souveraineté
nationale de son peuple. Réussite dans tous les domaines,
notamment au programme de redressement
structurel : l'inflation passe de 141% en 1982 à 13% en 1991.
En 1989, l'élection des assemblées de district constitue un
premier signe de démocratisation, avant même
que François Mitterand ait imposé la démocratie à ses
colonies d'Afrique. Création d'un Ministère pour les
gouvernements locaux; plusieurs fonctions, notamment la voirie,
l'éducation, la santé sont transférées à
des pouvoirs locaux qui disposent de leur propre budget. En 1990,
Rawlings accepte la création d'un
mouvement pour la liberté et la justice(MLJ) proposée par le
professeur Adu Bohaen. Ainsi, ce fut la fin
de la restruction des libertés publiques et de la liberté de la
presse. En 1992, il libère tous les prisonniers
politiques accusés de complot en 1990, et jamais traduits en
justice. Dans la même année, le chef de l'Etat
ne pouvant pas être militaire, il démissionne de l'armée et
remporte, haut et fort, l'élection présidentielle.
Ancien ami de Thomas Sankara, Rawlings est un homme de
conviction, un véritable combattant de la
liberté et de la dignité des Africains, comme on les aime en
Afrique. Les services secrets occidentaux,
notamment américains, ont tout fait pou éliminer ce fils
d'Afrique. Il n'en est point, car il est toujours-là.
La CIA américaine et les intérêts économiques, politiques,
géopolitiques pour lesquels, elle agit à l'échelle
mondiale, préfèrent les leaders couchés à ceux qui s'imposent
par leur stature et, débout, s'engagent à la
tête de leur peuple. Pendant toute une décennie, il a édifié
un système démocratique auquel ses citoyens
participent, où ils se sentent, eux-mêmes, en mesure de
définir leur propre décision, et non des décisions
qui viennent d'ailleurs. Il a compris que le pouvoir du peuple
est le seul et unique chemin, c'est ça qu'on
appelle le commencement de la démocratie. Un challenge pour
l'Afrique.
ALPHA OMAR KONARE, le président malien. Cet homme fait partie
d'une nouvelle génération de
dirigeants africains intègres et bien cultivés. Ce XXIème
siècle en Afrique, Alpha Omar Konaré est entrain
d'inventer une autre forme de faire de la politique. Mais,
posons-nous ces deux questions suivantes : si ce
pays avait des richesses comme le Congo Brazzaville ou la
République démocratique du Congo, agirait-il
de cette façon ? Le donneront-ils (les colons) les mains libres
pour pouvoir assurer une bonne
gouvernance? Ce sont-là des questions à répondre. La lecture
des statistiques rend dérisoire tout espoir
africain. Celles-ci ne peuvent cependant prendre en compte les
réalités du continent. Face à la faillite,
voire à la démission des Etats, de petites structures se
recréent qui, islamiques ou laïque, pallient ses
manques en matière d'éducation ou sociale. Au-delà des débats
sur le caractère artificiel de l'ethnicité ou
de la démocratie, une nouvelle citoyenneté est à inventer sur
place. Même si elles ont, dans la plupart des
cas, tourné court, les conférences nationales qui réunissent
l'ensemble des forces politiques et des
représentants de la société civile, traduisent un
frémissement. Ainsi au Mali, la conférence nationale a
permis l'accès au pouvoir d'Alpha Omar Konaré caractéristique
d'une nouvelle génération de dirigeants
africains dignes de ce nom.
Alpha Omar Konaré est certes l'un des principaux représentants
de la nouvelle génération de chefs d'Etat
issus de mouvement de démocratisation. Un homme de culture, cet
ancien instituteur se veut un
prometteur de la culture africaine à travers la coopération
culturelle qu'il afondée, JAMANA, et qui
regroupe une maison d'édition, une galerie d'art et une
librairie. Son expérience politique ne date pas
d'aujourd'hui. Elle débute, en 1978, quand il est nommé
Ministre de la Jeunesse, des Arts et de la Culture
dans le gouvernement de Moussa Traoré, un dictateur, comme on ne
les aime pas en Afrique.. En 1990,
Alpha démissionne avec éclats, en signe de protestation contre
la répression dont sont victimes les
étudiants qui manifestaient contre la réduction de leurs
bourses. Ce geste tout-à-fait légitime et son action
d'opposition pacifique, mais ferme à la dictature de Moussa
Traoré lui ont valu une popularité énorme.
Pendant les dernières années de cette dictature traoréenne, il
fait de JAMANA le creuset de la presse
d'opposition.
En 1990, il participe à la fondation de l'Alliance pour la
Démocratie au Mali(ADEMA), une des principales
formations d'opposition qu'il transformera en parti politique,
attirant à ses côtés esssentiellement des
cadres, des enseignants et des medecins. En 1992, il gagne
l'élection présidentielle. Il a fait un exemple
pour l'Afrique le procès des anciens dignitaires. Cependant, il
se heurte souvent au mécontentement d'une
partie de la population, notamment de la jeunesse, provoqué par
la mise en place d'un programme
d'ajustement structurel imposé par par la colonisation du
FMI(Fonds Monétaire International) et de la
Banque mondiale.
Ce président malien est un homme de conviction. D'ailleurs son
pays va de mieux en mieux. Alpha Omar
Konaré a des griffes longues; lorsqu'en 1995, il annule le
rendez-vous que les chefs d'Etat africain dits
francophones avaient avec la France de M. Jacques Chirac au
Sénégal, après l'élection de ce dernier à la
présidence de la République. On dira ce qu'on voudra, mais il
est très agréable d'avoir un dirigeant africain
dit francophone n'hésitant pas à envoyer des giffles à un pays
"prétendu ami" qui n'arrête pas de bafouer
nos droits les plus élémentaires. Cette mauvaise humeur d'Alpha
Omar Konaré n'est pas le fait d'une
République malienne tout-à-fait nulle. Un autre panafricain.
LAURENT-DESIRE KABILA, le président de la RDC, est un des chefs
d'Etat que l'Afrique doit
compter pour son avenir. Le nouveau homme-fort de Kinshasa, est
un véritable libérateur. Trois
décennies de Mobutisme, c'est-à-dire de gabegie, de pillage en
tout genre, de l'exploitation néocoloniale et
du néocolonialisme les plus abjects méné par la France et les
Etats-Unis, y compris l'ONU(Organisation
des Nations-unies), ont effectivement mis à mal ce géant
d'Afrique qui est la République démocratique du
Congo. Durant les dix dernières années, ce pays a fonctionné
sans être gouverné. Et cela n'a pas du tout
gêné les habitants de ce pays.
Mais revenons en arrière. Le 17 mai 1997, Laurent Désiré
Kabila et ses troupes entrent à Kinshasa, la
capitale, pour y proclamer et y installer la RDC(République
Démocratique du Congo). La veille, Mobutu
Sesse Seko, fondateur du Zaïre, avait pris la fuite, précédé
ou suivi par les quelques centaines d'oligarques
qui ont, avec lui, régné sur le Zaïre pendant plus de trente
années. Trente ans de dictature, de frénésie
militaire et d'ingérence occidentale. Ceux, qui ont dirigé ce
apys pendant trente ans et, les Occidentaux qui
les ont soutenus dans cette dictature aveugle, ont sucé le sang
des Zaïrois, ne leur laissant que la peau sur
les os. Des dictateurs, à la trempe de Mobutu, l'Afrique n'en a
plus besoin.
En 1998, lors de la francophonie à Paris, la presse française,
toute confondue, a fustigé Laurent Désiré
Kabila, en le traitant de dictateur. On n'aime ce genre de
personnage nationaliste, comme l'était Patrice
Lumumba, gouverné un pays d'Afrique riche comme le Congo.
Euro-News :"Un homme contreversé,
l'enfant terrible de l'Afrique"; France 2 avec Pierre Luc
Séguillon : "Un homme encombrant et
indésirable"; France 3 : " Un homme
infréquentable"; LCI avec David Pujadas : "Un homme
infréquentable"; Canal+ avec Guillaume Durand, invité
Robert Badinter, l'ancien garde des sceaux de
François Mitterand. Question du journaliste : "Comment
peut-on inviter un dictateur comme Kabila à
l'Elysée ? Est-ce moralement, suportable et raisonnable?".
Réponse de Badinter "Je ne parle pas de lui
singulièrement. Mais il faut que tous les dictateurs sachent
maintenant qu'ils ne peuvent échapper à la
justice internationale". En ce moment-là, 70% des Congolais
sont avec Kabila et 90% des Africains avec
lui, tandis que 48% seulement des français étaient pour le
président Jacques Chirac. La démocratie, c'est
le pouvoir du peuple non ? Certes, Kabila avait une légitimité
plus forte que le Président français.
Pourquoi la France est-elle contre Kabila ? D'abord, c'est un
autre Sékou Touré, ensuite il a refusé
catégoriquement que la France, qui a soutenu Mobutu pendant sa
dictature, participe aux négociations,
alors qu'Hérvé De Charette, Ministre des Affaires Etrangères
du gouvernemnt Juppé, se trouvait, en ce
moment, dans la région des grands lacs pour faire valoir la
grandeur de la France dans cette région.
Laurent-Désiré Kabila est un chef d'Etat que l'Afrique doit
compter pour son avenir. Le nouveau homme
fort est un libérateur, non seulement pour les Congolais, mais
aussi pour tous les Africains. Doté d'une
forte personnalité et un charisme à la "Sékou
Touré", il est le fils prodige de cette Afrique meurtrie.
Il a
des atouts : son image au sein de l'opinion publique africaine
est bonne. Il est plus pragmatique
qu'idéologue, c'est un nationaliste qui a su saisir l'histoire
au passage. Il a une patience absolue. Il est
intélligent, surtout, il a une volonté de réussir. L'histoire
nous le dira s'il ne finit pas comme Patrice
Lumumba ou le Jeune Thomas Sankara.
Tandis que la France traitait de dictateur ce fils prodige de
l'Afrique, les Auditeurs de la radio
africaine(AFRICA N°1) élisaient Kabila l'homme de l'année 1998
en Afrique. Oui, les Africains
commencent à comprendre, il était temps. Il faut que nous
sachions, nous Africains, que tous nos chefs
d'Etat, nommés dictateurs en Occident, sont de vrais patriotes
dignes de ce nom. Ce sont ces chefs d'Etat
qui aiment l'Afrique. Par contre tous nos chefs d'Etat, nommés
modérés par les mêmes occidentaux, sont
des traitres qui ont vendu l'Afrique, tels que Leopold Sédar
Senghor du Sénégal, Houphouët Boigny de la
Côte d'Ivoire et consorts, etc...mais, comment peut-on être
"modéré", alors qu'on exploite lâchement les
richesses de son peuple ? Comment peut-on être
"démocrate" ou élève de la démocratie, alors que
son
peuple n'a aucune légitimité ? Donc, à l'aube du XXIème
siècle, nous n'avons plus besoin de "modérés"
ou de "démocrates" en Afrique, mais des libérateurs.
Nous n'avons même plus besoin des opposants, de
couleur politique ou une quelconque idéologie, mais un
gouvernement d'union nationale dans tous nos
Etats, pour combattre le néocolonialisme, afin d'unir ces
peuples et ces Etats divisés par l'homme. Donc, il
nous faut des hommes, comme Kabila, capables de répondre à
notre ambition.
En 1998, un an après avoir chassé Mobutu et pris le pouvoir, la
performance de Kabila et de son équipe
est remarquable. Non seulement, il a redonné la dignité aux
Africains, mais il a pris sur son épaule la tâche
herculéenne de reconstruire de fond en comble ce grand et très
riche pays que les colons ont
complètement ruiné et dévasté. La poignée d'hommes qui
gouvernent ce pays depuis plus d'un an sont
divers et presque tous inexpérimentés. Mais cette équipe
gouvernementale a un chef qui s'appelle Kabila;
un homme engagé pour la dignité des peuples africains
opprimés. Il a aussi une volonté; l'idée directrice
qui guide son action, elle est la suivante : réparer les
dégâts vertigineux causés par son prédécesseur, faire
le contraire de ce qu'il a fait(il n'a laissé que des caisses
vides, un Etat sinistré et de mauvaises habitudes).
Ce qui est à complir ne peut se comparer qu'à ce que Sékou
Touré(Guinée) et Bourguiba(Tunisie) ont eu
à affronter lors de la décolonisation. Kabila a-t-il leur
stature? J'en suis persuadé. Mais il aura fort à faire à
l'Occident si les Congolais et les Africains ne s'unissent pas
autour de lui. Mobutu, qui représentait toutes
les facettes du néocolonialisme, a été dégagé
"sauvagement" par Laurent-Désiré Kabila qui
représente, lui,
l'Afrique des Africains.
PASCAL LISSOUBA, l'ancien président congolais, est un homme
d'honneur, un patriote. Le Congo
Brazzaville ou tout simplement "Congo El Aquitaine".
Commençons par le commencement, c'est à dire au
mois de juin 1992, lorsque Pascal Lissouba est élu président de
la République, il gagne, en même temps,
les élections législatives. Au mois de septembre 1992,
constatant que son pays va mal : un medecin pour
9000 habitants, mortalité infantile élevée, dette extérieure
6 milliards de dollars, retard de paiement de
salaires des fonctionnaires, Pascal Lissouba se demande où passe
l'argent du pétrole congolais? Il
convoque aussitôt, les responsables de la Multinationale Elf
Aquitaine pour gagner un plus de pognon, afin
de subvenir aux besoins des congolais, améliorer les conditions
de vie de ces citoyens. La destabilisation
de Pascal Lissouba commence. Sans le pétrole africain, que va
devenir la France ? Car, 60% du pétrole
mondial concernent les Etats-unis d'Amérique. 85% de ce pétrole
congolais est déstiné à la multinationale
française. En demandant un plus d'argentpour son peuple, Pascal
Lissouba ne pouvait plus assurer
normalement une bonne gouvernance.
L'opposition, soutenue par Elf, conteste les élections
législatives. Au mois de mai 1993, de nouvelles
élections législatives. Le résultat est favorable à Pascal
Lissouba. Elf réagit, il est contesté
automatiquement par l'opposition qui demande l'annulation du
scrutin. Pascal Lissouba refuse d'annuler
ce dernier. Elf Aquitaine monte Bernard Colelas et Dénis Sassou
NGuesso contre Pascal Lissouba.
Kolelas hésite, mais il faut savoir que l'enveloppe d'Elf
méritait d'être corrompu. Pour Elf, il fallait que
Pascal Lissouba quitte le pouvoir. L'armée a été divisée
entre partisans de Kolelas, de Sassou NGuesso et
de Pascal Lissouba. Elf Aquitaine met tous les moyens
nécessaires pour aider Sassou et Kolelas, afin de
destabiliser Lissouba. Des barricades ont été dressés dans les
quartiers favorables à l'opposion. On compte
de nombreuses victimes dans la capitale Brazzaville.
Lissouba décrète à plusieurs reprises l'état de siège dans
la capitale(au mois de juillet 1993). Les
protagonistes se rendent au Gabon pour une possible
réconciliation. C'est impensable. Comment Omar
Bongo, peut-il, réconcilier Pascal Lissouba et Dénis Sassou
NGuesso sans les intérêts de la multinationale
française? Alors que ce dernier n'a pas un pouvoir légitime
dans son propre pays à cause de la
Multinationale française(85% du pétrole gabonnais appartient à
Elf Aquitaine). Difficile pour le président
gabonnais de trouver une issue positive dans cette affaire.
De 1993 à 1997, Pascal Lissouba n'a pas pu faire ce qu'il
voulait faire. Il a été complètement destabilisé
par la Multinationale. C'es normal, car le pétrole congolais
échappait, de jour en jour, cette dernière. Elf
Aquitaine, soutenant l'opposition, exaspérant Lissouba, semant
des troubles partout avec ses agents
secrets, la gouvernance de Pascal Lissouba est devenue
insuportable. C'est en ce moment que Pascal
Lissouba décide de retirer complètement le contrat qui le liait
avec la multinationale, pour une autre
multinationale anglosa-xonne.
Paris averti, Pascal Lissouba est convoqué à Paris, au Quai
d'Orsay, au Ministère des Affaires Etrangères.
Il refuse catégoriquement de se présenter. Il l'avait déjà
fait avec Mitterand, lors de son élection à la
présidence de la République du Congo. Je me pose cette question
: le Congo Brazzaville est-il un pays
indépendant ? Quelle est la différence entre ce Congo, les
Antilles ou la Corse ? Donc, Pascal Lissouba ne
s'est pas présenté, il faut l'éliminer ou le dégager. La
dernière solution est la bonne. Elf Aquitaine arme
Sassou NGuesso qui dégage "sauvagement" Pascal
Lissouba.
Le pillage caractéristique de la période coloniale et celle du
néocolonialisme s'est substitué un système
d'exploitation pour alimenter l'économie française. Les
richesses du Congo Brazzaville ne sont pas en
reste. La FRance, elle, impose la démocratie aux Africains, mais
exploite leur richesse légalement comme
au tant du colonialisme. C'est son bien le plus légitime. En
tant que chef d'Etat, garant de la souveraineté
de son peuple, comment peut-on accepter que 85% de la richesse de
ce même peuple soit accaparée
lâchement par une multinationale étrangère ?
Certains chefs d'Etat peuvent l'accepter. Par contre d'autres,
comme Pascal Lissouba, ne pourront jamais
se coucher contre ce crime contre son peuple. Il a eu le courage
singulier de revendiquer, singulièrement,
le pétrole de son pays qui est le bien légitime des populations
congolaises. Cet ancien président, dégagé
aujourd'hui lâchement par Elf Aquitaine, a toujours fait preuve
d'une grande personnalité. Ainsi, le 26
avril 1966, il abandonne ses fonctions de Premier ministre, suite
à désaccords avec son président. De
même, en 1973, suite à des divergences avec Marien NGouabi, il
quittait le comité central de son parti, la
PCT. Son combat pour la démocratie et la souveraineté de son
peuple ne date pas d'aujourd'hui.
Dès le 26 juillet 1968, en compagnie de Pierre Thystère
Tchicaya, Henri Lopez et Jean Sathoud, il
suggerait au président Massamba Débat de remplacer le dogme
sacro-saint du marxisme-Léninisme et de
la dictature du prolétariat par l'idée de démocratie
nationale. A l'époque, il fallait le faire. Dans le même
d'ordre d'idées, Pascal Lissouba publiait, en 1972,une étude
intitulée "conscience du développement et et
démocratie". Un discours panafricaniste. Il sera condamné
à mort en 1977 après l'assassinat de Marien
NGouabi. Il sera grâcié, mais connaîtra la prison à plusieurs
reprises, un challenge pour l'Afrique, un
homme de conviction. Quoi de plus simple que les aspirations de
nos peuples : se nourrir de leurs biens,
de leur sous-sol, de vivre libre, ne pas craindre pour leur
sécurité; protéger nos acquis et nos richesses et
les transmettre à nos enfants. Cette ambition est-elle excessive
? Quant à Bernard Kolelas, il n'est qu'un
"fossile politique", un béni oui oui, une marionnette,
un point c'est tout. Sassou NGuesso, il respire Paris,
il est là pour la France, rien que pour la France, uniquement
pour la France. Il ne veut que le pouvoir, son
propre pouvoir soutenu par la France. Un néocolonialiste, un
arriviste, un égoïste qui ne pense qu'à lui
seul. Des dictateurs, comme Sassou NGuessou, l'Afrique n'a rie a
ciré. Quant à, Pascacal Lissouba le bon
est parti, la brute Sassou NGuesso est là, le truand Beranard
Kolelas a tout perdu. Donc, c'est un histoire
du bon, la brute et le truand. Et le bon, c'est Pascal Lissouba.
ABDELAZIZ BOUTEFLIKA, le président algérien, est un homme au
temps moderne. Il a dénoncé
l'ingérence occidentale dans les pays du tiers-monde. Pour lui,
ce n'est que du néocolonialisme. Ingérence.
Ce mot ce qu'il recouvre avait mauvaise presse, il ya encore
vingt ans. Aujourd'hui encore, le dictionnaire
que c'est "le fait de s'immiscer sans en avoir le droit dans
les affaires d'un autre pays", comme le dit
Béchir Ben Yahmed dans "Jeune Afrique". Mais ceux qui
ont inventé le concept et s'emploient à le
présenter sous son meilleur jour ont réussi à accréditer
l'idée que l'ingérence est un droit et, dans certains
cas, un devoir: ils ont clamé que c'était un devoir pour l'OTAN
d'intervenir au Kosovo et de bombarder
ses populations: la Russie soutient aujourd'hui que c'est un
droit, pour elle, d'envahir la Tchétchénie,
d'occuper sa capitale et changer son gouvernement.
Mais, qui décide qu'il a le droit ou le devoir de s'ingérer?
Celui qui en a les moyens et la volonté: pour que
l'ingérence devienne effective, il faut en outre, que ceux qui
peuvent l'empêcher laissent faire...s'ingèrent
ceux qui, dans la bonne foi, ceux qui croient en l'égalité,
mais sont "plus égaux " que les autres: ils ont la
force et disent le droit; ils croient qu'ils sont le droit. J'en
conviens, l'ingérence pour la plupart du temps
d'un bon sentiment. Mais où s'arrête-t-elle ? Nul ne peut le
dire, et tout le problème est là. Pour
l'ingérence: l'Occident, à sa tête, les Etats-Unis y ont pris
goût. Ils la pratiquent chaque fois que cela les
arrange, ou que cela rapporte, ou bien que leur opinion publique
l'exige. Contre l'ingérence, c'est Abdel-
Aziz Bouteflika :" c'est du néocolonialisme les plus
abjects". L'ingérence occidentale, c'est là où le peuple
n'est pas souverain. Qu'est-ce-que la souveraineté ? C'est un
mot qui appartient à un peuple. En
démocratie le peuple est souverain. Il dégage qui, il veut au
pouvoir, il met qui, il veut au pouvoir sans
demander à personne, c'est le pouvoir du peuple. Quel Etat au
sud du Sahara, son peuple est-il souverain
? Dites moi, un seul Etat où le peuple peut faire ce qu'il veut
et quand il veut?
Donc, on a jamais connu la souveraineté, la chose la plus
suprême. La liberté d'un peuple de faire ce qu'il
veut faire de ses gouvernants, ça c'est AbdelAziz Bouteflika.
Lui, il connait la valeur de la souveraineté,
parce que son peuple est souverain; ceux qui ne connaissent pas
cette valeur, ne peuvent en aucun cas,
défendre la souveraineté. Donc, nous n'avons jamais connu la
souveraineté en Angola, au Burundi, en
Centrafrique, aux Comores, au Gabon, en Guinée-Bissau, au
Libéria, à Madagascar, en Mauritanie, au
Niger, au Nigéria, etc... on n'a jamis connu la souveraineté
dans les rues de Kinshasa, de Dakar,
d'Abidjan, de Conakry, de Bamako, de Brazzaville, de Yaoundé, de
Ouagadougou, etc... tout ce que nous
avons connu, c'est de l'exploitation, la misère, le
néocolonialisme. Donc de l'indignité. Nulle part en
Afrique où l'ONU est passées, elle a semé la destruction et
l'élimination de nos élites, nos vrais Africains.
Les vrais hommes, comme AbdelAziz Bouteflika, ne se cassent pas
la figure avec l'ONU et son ingérence
occidentale. Une autre procédure inédite qui ressemble aux
autres procédures inédites aussi, nous
applaudissons, nous Afrcains. Cinquante ans de déclarations
émouvantes, de planifications expertes et
d'organismes internationaux, nous n'avons encore rien compris.
Oui, nous n'avons pas compris que ce
monde est inhumain, que ce monde est un rapport de force. Je le
répète encore, l'humanité civilisée,
éclairée n'existe ni autour de l'individu européen, ni en lui
: il ne cherche que ses intérêts.L'ingérence
humanitaire ? Elle a toujours eu lieu en Afrique. Les
interventions militaires et économiques françaises en
Afrique ne sont-elles pas une atteinte à la souveraineté ? Le
Franc CFA, dont la tutelle est le trésor
français, le compte d'opération est domicilié à la Banque de
France. Qui est notre Ministre de l'économie
? Dominique Strauss Khan, aujourd'hui, Laurent Fabius. Où est la
souveraineté économique. Donc, nous
n'avons jamais connu la souveraineté, au sud du Sahara.
L'Algérie retrouvée, la paix encore la paix et toujour la paix,
AbdelAziz Bouteflika est entrain de rentrer
dans l'histoire. L'Algérie, plus d'un siècle de plus pesante
des colonisations(un véritable apartheid oublié
par l'histoire et par l'humanité). Plus d'un million de morts
pour conquérir son indépendance. Je dis bien
conquérir et non une indépendance octroyée comme en Afrique
noire. Une indépendance sur le terrain
avec cette sale guerre coloniale. Trente années de plus mauvais
des partis uniques débouchent en cette fin
de siècle sur la société algérienne et l'affaibliussement de
l'Etat. Avant l'élection d'AbdelAziz Bouteflika,
les Américains, voulant le gaz algérien, poussent à ce que les
islamistes soient associés au pouvoir. La
France et les Européens, qui jusqu'à la fin de 1998,
soutenaient financièrement et militairement les
généraux algériens qui représentent tout ce qui est pourri
dans ce monde, se sont empressés maintenant de
réviser leur politique et d'emboîter le pas aux Américains
pour le même gaz algérien. Bien entendu,
Américains et Européens assurent maintenant que c'est par
esprit démocratique qu'ils recommandent à
l'actuel Etat algérien de négocier avec les islamistes. Il faut
être naïf ou sans mémoire pour le croire: ni les
uns, ni les autres n'ont émis de protestation, ni même des
réserves, lorsque ces généraux ont, sans état
d'âme, arrêté le leader Abassy Madani et interrompu le
processus électoral, dès-que les islamistes ont
gagné les élections législatives. Mais quelle est la
différence entre un démocrate-musulman et un
démocrate-chrétien ?
Donc, le président Boutflika doit d'abord libérer tous les
prisonniers politiques, ensuite sauvegarder, par
tous les moyens, l'indépendance de ce beau pays acquise par le
fer et le sang. L'indépendance est une
nécessité pour fabriquer une démocratie. Et cette démocratie
commence d'abord par l'indépendance d'un
pays, c'est-à-dire dissoudre ses liens économiques et
politiques qui l'ont attaché à un autre. L'Algérie l'a
Fait. Le peuple algérien est mûr. Ce peuple n'a pas besoin de
superviseur de l'ONU ou de l'union
européenne, en ce qui concernent les élections en Algérie,
parole du nouveau président algérien, le
président Abdel Aziz Bouteflika, un homme de conviction.
D'ailleurs son idéal ressemble à celui de
l'ancien président égyptien, Anouar El Sadate décédé
aujourd'hui. Ce dernier voulait négocier la paix avec
Israël, il y a plus de deux décennies. Les palestiniens l'ont
traité de vendu, de traitre, Arafat en tête. Et
maintenant, c'est ce même Arafat qui est entrain de négocier
cette paix avec les Israélites. Oui, la paix en
Algérie, oui à l'unité nationale, oui à l'indépendance
algérienne, c'est à dire que l'Algérie peut faire la
guerre, contractere des alliances, réglementer le commerce sans
demander à quiconque. C'est ça qu'on
appelle la liberté de faire la loi chez soi. Merci Bouteflika.
JOSE EDUARDO DOS SANTOS, le président angolais, est non
seulement un homme engagé, mais
aussi un amoureux de bataille. Que vaut une nation sans une
véritable armée? L'Angola de Dos Santos
peut s'en réjouir. Une armée aguerrie et un véritable
savoir-faire qui ont fait ses peruves depuis l'arrivée
au pouvoir d'Eduardo Dos Santos. Cet Etat, à vrai dire, est
l'une des régions d'Afrique noire dont le
contact avec l'Europe a été le plus sanglant. Premier pays
européen à s'intéresser au continent noir dès le
XVème siècle, le Portugal. Il a été aussi la dernière
puissance coloniale a y conservé ses posséssions, alors
que les autres nations européennes ont, au cours des années
1970, pratiquement achevé la fameuse et
formelle décolonisation du continent.
Confronté à un regain de tension avec l'UNITA, le mouvement de
Jonas Sawimbi, le régime de Dos
Santos tient toujours, malgré le soutien moral et matériel
qu'apportent aux Américains à Sawimbi. Ce
président angolais a toujours la même réponse "la
guerra". Il est vrai que l'interminable guerre civile contre
l'UNITA a épuisé le pays; des dizaines de milliers de gamins
livrés à eux-mêmes, cherchant à survivre
dans un pays qui pourrait être l'un des plus riches du
contienent. Certains gamins sont des mutilados,
estropiés à vie par les mines que l'Occident nous vend.
Arrivé au pouvoir en 1992, Dos Santos et son parti, le MPLA,
gagnent les élections législatives au cours
d'un scrutin libre et indépendant reconnu par les observateurs
de l'ONU. Cette élection, qu'il a gagnée, a
prouvé qu'on ne pas s'appuyer sur les découpages ethniques pour
présumer d'une issue de scrutin : son
succès a été les visites qu'ila effectuées chez ses
adversaires l'UNITA et le FNLA.
YOWERI MUSEVENI, le président ougandais, est le prototype des
maîtres à penser. Une démocratie
sans liberté, il n'en veut pas. Ses frontières tracées par le
colon, non plus, car il acompris que si nos Etats
restent comme ils sont, en ce moment, l'Afrique n'a aucun avenir.
Museveni est non seulement un rebelle, mais un homme obsédé de
plus de justice et de liberté pour les
Africains. En 1994 il dit ceci : "Sans l'éveil de nos
peuples, l'Afrique ne s'en sortira pas. Il faut unir
ces Etats divisés par les Européens, donc des faux
problèmes". Par ces mots, Museveni venait d'ouvrir
une boîte de pandore. Son ambition première est la région des
grands lacs: le Rwanda, le Burundi,
l'Ouganda et la République Démocratique du Congo, mais
malheureusement, il y a eu une mauvaise
entente entre les principaux protagonostes. Museveni et Kagamé
doivent s'entendre avec Laurent Désiré
Kabila dans le respect mutuel. Ils doivent évacuer leurs troupes
au Congo Démocratique. Rien ne se ferra
sans le respect de nos peuples. Avec son discours teinté de
patriotisme, Museveni est un homme que
l'Afrique doit compter pour son avenir.
QUETT MASIRE, le président Botswanais, est un démocrate au vrai
sens du terme. Son art de
gouverner est absolument remarquable : il respecte non seulement
les normes de la démocratie, mais a
appris aussi les bonnes habitudes que sont la fraternité, la
solidarité, l'unité nationale. Il a compris, lui
aussi, que le pouvoir doit appartenir à un peuple. Et quand on a
ce pouvoir, on ne fait pas ce qu'on veut
faire, mais ce qu'on doit faire
Ils ne sont pas les seuls, car l'Afrique regorge d'hommes d'Etat,
comme Paul Kagamé(Rwanda); Amadou
Toumani Touré(Mali); Robert Guëi(Côte-d'Ivoire); Thabo
Mbeki(Afrique du sud), avec sa renaissance
africaine; Issayas Afeworki(Erythrée); Méles Zenawi(Ethiopie);
Kofi Annan(Sécrétaire Général des
Nations Unies), Olusegun Obasanjo, Salim Ahmed Salim, etc... Où
sont le Maroc et l'Egypte. Où est leur
politique continentale. Le Maroc veut appartenir à l'Union
Européenne, tandis que Moubarak s'intéresse
mieux à la cause palestinienne que celle de l'Afrique. Et
pourtant, nous ne sommes ni des Européens ni
des proche-orientaux. Nous sommes d'abord des Africains.
Vraiment, je ne comprends pas l'absence
d'une couverture régulière des évènements du plus imporatnt
Etat d'Afrique, l'Egypte, alors qu'on
consacrait tant de choses à l'époque de Gamal Abdel Nasser et
d'Anouar el Sadate. Pourquoi ? où est
Hosni Moubarak? Où est sa politique régionale. Et pourtant,
rien ne se ferra en Afrique sans l'Egypte et le
Maroc.
Raison et avenir appartiennent à ces hommes d'Etat. C'est leur
époque. Elle ne prête pas l'Afrique à des
gestes sublimes, à des attitudes d'épopée, à des défis
grandioses. Cette époque nous fait rechercher des
Africains, et non des Sud-africains ou des Nord-africains. Elle
nous fait rechercher des combattants de la
liberté, des rebelles et des négociateurs qui, tout en faisant
preuve de fermeté, savent poser les bonnes
questions et comprendre les bonnes réponses. Nos Etats-Unis sont
leur direction, le XXIème siècle leur
époque. Faisons l'Afrique du XXIème siècle et soumettons-la
progressivement à nos peuples. Telles sont
notre direction et notre époque. Souvenons-nous cependant que
nous devons toujours garder notre moral
et de ne jamais laisser déborder par la malchance et la
fatalité, car celles-ce n'existent pas. C'est de nos
réactions devant l'adversité que dépend notre bonheur. Ce ne
serait pas indigne.
Conclusion