Devoir de mémoire
La vie de toute une génération a été sacrifiée à cause du mensonge et d'un formidable lavage de cerveau entrepris depuis longtemps par certains Africains, notamment les élites et intellectuels du continent. La génération, qui a vu le jour après les soi-disant indépendances, dont je fais partie, est une génération sacrifiée, parce que les élites et intellectuels, ceux qui détiennent le savoir, ceux qui doivent informer leur jeunesse, ceux qui doivent pousser à la révolte populaire contre le néocolonialisme, ont fui complètement leurs responsabilités en mentant effrontément à leurs peuples et, surtout, à leur jeunesse. C'est une chose monstrueuse qui donne raison à douter.
Démocratie par ci, démocratie par là, démocratie partout en Afrique, alors qu'aucun de nos Etats ne peut se vanter d'être indépendant aujourd'hui. Comment peut-on expliquer cette chose à un enfant de 12 ans qui est entrain de grandir et dont l'esprit est encore fragile ? Comment expliquer à cet enfant qu'on peut faire une démocratie sans liberté ? Où est l'état de droit ?
Toute une génération, née après ces soi-disant indépendances, a toujours vécu sous le néocolonialisme le plus absolu. Et cela n'empêche pas, jusqu'à présent, certains intellectuels de nous bourrer le crâne avec leur pseudo-indépendance et, surtout, leur pseudo-démocratie qui n'est qu'une coquille, qu'un théâtre d'ombres où se projettent des représentations néocoloniales qui sont plus fortes que l'Afrique elle-même. Pire encore aujourd'hui, nous sommes des Burkinabés et hier, nous étions des Voltaïques. Aujourd'hui, nous sommes des Congolais et hier, nous étions des Zaïrois. Comment expliquer ces changements de noms, de nationalités ? Tout ça, c'est ça de la cacophonie.
Plus grave encore, apparaît l'instabilité politique structurelle des Etats face à l'onde de choc de la mondialisation. Les réponses diffèrent selon les Etats-Nations, mais la secousse est la même partout: elle atteint la légitimité des structures étatiques et entraîne la dégradation brutale et elle s'accompagne d'une violence inouïe : famine, exode de masse de nos populations, exploitation de l'homme par l'homme. Donc, il faut dire à nos enfants certaines vérités blessantes, mais qui sont bonnes à dire : l'Afrique subsaharienne n'a jamais été indépendante. Donc, pas de démocratie.
Mais, c'est quoi la démocratie ? C'est la liberté et le développement économique. Quel Etat africain, au Sud du Sahara, est-il libre économiquement et politiquement ? C'est quoi le franc CFA, la zone franc, dont le compte d'opération est géré par la banque du colonisateur ? Ce franc CFA est une monnaie coloniale. Où est l'indépendance économique ? Où est la liberté ? où est la démocratie ? C'est quoi l'armée française en Afrique ? Quel est le but de cette coopération militaire ? Un simple protectorat. Où est la légitimité de nos peuples ? Où est leur souveraineté ? Où est-elle une quelconque constitution ? Nous avons une constitution coloniale. Quand on a peur de mourir pour sa liberté, il faut avoir le courage de dire la vérité à ses jeunes frères et fils qui sont l'avenir de l'Afrique.
Il ya des événements douloureux, dans une vie, qu'un Africain n'a pas le droit de les oublier. Quand on oublie son propre passé, on a ni avenir, ni âme, ni esprit. Voici les 10 commandements :
1° L'esclavage
Certains frères Africains me diront que c'est du passé. Mais quel passé odieux ? Là où les Indiens d'Amérique ont refusé collectivement ce crime contre l'humanité nous, Africains, l'avons accepté en nous divisant et en vendant nos propres frères. Comment un être, qui se dit humain, peut-il traiter comme un animal un autre être humain ? Cet esclavage est un devoir de mémoire.
2° La colonisation
Si la colonisation était une bonne chose, le monde entier applaudirait le nazisme d'Adolphe Hitler. Si elle était une bonne chose, l'Inde et le Pakistan ne seraient pas divisés aujourd'hui, de même que la Corée du Nord et la Corée du Sud. Si la colonisation était une bonne chose l'Allemagne de l'Ouest et l'Allemagne de l'Est ne seraient jamais divisées, de même que le Koweït et l'Irak. Si elle était une bonne chose les Etats-Unis, divisés par les Anglais, ne seraient pas unis aujourd'hui. Si la colonisation était une invention de Dieu le Christ, fils de Dieu, ne serait pas tué par Rome le conquérant. Ce Jésus Christ a été victime de la colonisation. Si la colonisation était une invention divine, les Africains ne seraient pas divisés aujourd'hui. Comment peut-on venir chez quelqu'un qu'on ne connaît absolument pas, hisser son drapeau, musiquer son hymne national, détruire le savoir-faire des gens qui habitaient là depuis longtemps ? Un être humain ne peut pas faire ce genre de chose. La colonisation est non seulement un devoir de mémoire, mais un effet pervers que tout homme doit combattre jusqu'à sa mort.
3° La Conférence ou la "sauvagerie" de Berlin
Là aussi certains Africains me diront que c'est du passé. Mais quel passé ? Deux dates à retenir : du15 novembre 1884 au 26 février 1885 eut lieu la Conférence ou la "sauvarie de Berlin. Il a fallu donc 103 jours pour diviser les Africains sans les Africains. Comment un être humain civilisé, éclairé, solidaire, peut-il agir d'une manière aussi lamentable ? Cette sauvagerie de Berlin est un devoir de mémoire.
4° Création coloniale de l'A.O.F et de l'A.E.F
Au mois de juin 1885, c'est-à-dire quatre mois après la Conférence de Berlin, la France créa l'Afrique Occidentale Française (AOF) et 15 ans plus tard, cette même France créa l'Afrique Equatoriale Française (AEF) parce que la France ne pouvait pas gérer les Africains unis. Là aussi, c'est un devoir de mémoire.
5° L'apartheid
Oui des gens qui viennent chez nous et créent le racisme, afin de s'approprier nos richesses. Ces gens, qu'on a donnés l'asile malgré nous, inventent et institutionnalisent le nazisme. Ces blancs tuent, arrêtent, emprisonnent et violent du "Noir" pendant des années. Aucun, d'entre eux, n'a été arrêté et jugé. Aucun raciste n'a été inquiété. Je suis déçu de cette vie que je hais de toute mon âme. Cet apartheid, c'est-à-dire ce nazisme, est un devoir de mémoire.
6° La Balkanisation de l'Afrique
Les deux principaux Chefs d'Etat, qui ont encouragé cette balkanisation, sont Houphouët Boigny de la Côte d'Ivoire et Léopold Sédar Senghor du Sénégal. Ces deux individus ont empêché l'union de ces deux ensembles (AOF-AEF). C'est un devoir de mémoire.
7° L'indépendance de l'Algérie
"La valise ou le cercueil". Quelle indépendance ? La seule dans toute l'Afrique. La France préféra abandonner la Tunisie et le Maroc pour concerver définitivement l'Algérie au sein de la Nation française. Mais la France a oublié cet adage : " la volonté d'un peuple qui veut être libre est plus puissant que la force des armes". cette indépendance, pour nous Africains, est un devoir de mémoire.
8° L'unité africaine de Nkrumah
En 1963 à Adis-Abeba, Senghor(Sénégal) et Houphuët Boigny (Côte d'Ivoire) ont enfoncé le clou, en combattant férocement Kume Nkrumah contre cette unité africaine. Houphouët Boigny et Senghor venaient de vendre définitivement leurs peuples aux colonisateurs. K Nkrumah, que je vénère, est un devoir de mémoire.
9° Le génocide rwandais
Le premier en Afrique. La France présente, avant et pendant, n'est nullement responsable. Pourquoi cette "mission d'enquête parlementaire française" ? Quand on soutient humainement et matériellement un dictateur comme le général Habyarimana, n'est-on pas responsable. C'est un devoir de mémoire.
10° Culture et civilisation
L'Africain n'est ni musulman, ni chrétien. Nous portons tous des prénoms européens et arabes. Qu'avons-nous fait de notre culture, de notre civilisation, de notre façon de faire. Chaque peuple a sa propre culture et sa propre civilisation et la société civile, qui s'y bâtira, ne sera jamais la copie d'une autre. Avons-nous un envoyé de Dieu ? Nous avons contrarié la volonté divine et nous payons aujourd'hui les conséquences. C'est un devoir de mémoire.
Donc Africains, nous avons fui nos droits et nos devoirs. Voilà une Nation africaine transformée transformée en Etats-Nations représentés à l'O.N.U pour des faux problèmes. Une Afrique complètement sous-développée à l'aube du XXIème siècle. Nous vivons dans la pauvreté, l'exploitation, la soumission, la dépendance et, nous parlons toujours de cette démocratie qui en trompe l'oeil. Le sous-développement défini par l'ONU est catastrophique : l'Afrique est le continent le moins développé, il est le seul encore colonisé. Et pourtant, l'Afrique est d'une richesse considérable. La faute à qui ? A nos peuples d'Afrique. Nous manquons certaines valeurs : la courage, la dignité, l'honneur et, surtout, la volonté. A l'aube du XXIème siècle, nous parlons d'une démocratie quelconque et, notre Afrique compte la plus grande proportion de "pays les moins avancés". Eupherisme décrivant un état de misère criant. 2/3 des Africains souffrent de malnutrition, la majorité d'entre nous est analphabète et la quasi-totalité n'a pas accès à l'eau potable.
Au moment où nous parlons de démocratie imposée par l'Occident, l'Afrique, notre Afrique, s'enfonce de plus en plus. le développement défini par l'ONU est un indicateur plus riche que le seul PNB (Produit National Brut) et qui prend en compte l'espérance de vie (inférieure à 53 ans en moyenne) et le niveau d'éducation faible. Le constat de cette crise africaine résulte d'une seule chose : nous n'avons aucune culture révolutionnaire. Quand un Africain parle de révolution, l'Occidental le rend dangereux et inhumain. Et pourtant, c'est à cause de cette révolution que l'Occident vit mieux qu'hier. Révolution en "bloc", un passage obligé pour nous Africains.
Au moment où on parle de démocratie, l'Africain moyen vit plus mal aujourd'hui qu'en 1960. Sa sécurité alimentaire est plus précaire. Son retard par rapport au reste du monde, en matière de niveau de vie, n'a cessé de s'accroître et sa sécurité physique, dans un continent où les zones peu sûres s'étendent, s'est complètement dégradée. Et pourtant, l'Afrique recèle incomparablement plus de matières premières que l'Europe ou l'Extrême Orient. Elle bénéficie d'une population jeune. Les causes de cette dégradation ne sont pas multiples, elles sont deux : le néocolonialisme et l'impuissance des Africains de prendre leur destin en main. Un grand, homme sans la protection de son peuple, est appelé à disparaître. Un peuple illégitime, c'est un peuple soumis et dépendant d'un autre peuple.
Au moment où nous parlons de cette démocratie sans liberté, nous sommes gouvernés par les puissances occidentales. Nous les critiquons bien sûr, nous critiquons aussi nos dictateurs, en oubliant nos droits et nos devoirs. Oui, Africains, nous avons oublié nos droits et nos devoirs sur l'utilité des "droits du citoyen", lorsque le fait impose toujours partout son poids et sa mesure au droit. Le droit est une discipline sociale. Il est indispensable pour assurer le fonctionnement d'un groupement humain.
l° - Le droit :
je vous donne un exemple, "allons, fais ton devoir, et vas voter". Cette phrase représente à elle seule une très grande histoire. En effet, pourque ce vote devient un droit, puis un devoir, il faut que l'homme en tant que tel passe de sa condition de sujet à celle d'un citoyen. La qualité d'un sujet est d'obéïr, c'est ce que nous sommes aujourd'ui en Afrique : indignité, soumission, exploitation de l'homme par l'homme, dépendance. Tandis que celle d'un citoyen est de décider et d'agir. Tout citoyen est un homme libre, et tout homme libre appartient à un peuple souverain. Ce n'est pas le cas de nos Etats divisés. Dans ce type de droit, les gouvernés doivent obéïr à une fonction, mais pas à un individu ou à une puissance néocoloniale quelconque. C'est l'institutionnalisation du pouvoir du peuple sous la forme de lois ou de coutumes qui garantissent un citoyen sa légitimité.
2° - Les devoirs :
tout citoyen doit élire et protéger son élu. Il doit dans une certaine mesure fidélité et obéissance à son pays. Il doit participer, de près ou de loin, à la souveraineté totale de son peuple. Il doit résister et combattre, par tous les moyens, la colonisation ou le néocolonialisme dans toutes ses formes, même si sa vie en dépend. C'est ça qu'on appelle un Etat émané librement du peuple, où un équilibre du législatif ou de l'exécutif garantirait le bonheur de tous.
L'Afrique doit s'unir ou disparaître.
Le ciel est noir, disait-on il ya trente-sept ans, lors de l'échec de l'unité africaine chère à Kuame Nkrumah. C'était l'époque des grands espoirs, l'époque où l'Afrique voulait rejoindre le progrès social pour ses populations meurtries, exploitées, saignées et dévastées par des siècles d'oppression. Que reste-t-il de ce rêve ? Aujourd'hui, c'est le temps de la mondialisation imposée par les Américains, le temps des comptes, celui des dures vérités, et l'Afrique est une nouvelle fois poussées hors du temps moderne.
La récession économique y est le sort commun, le modèle d'ajustement structurel partout à l'oeuvre, une contrainte d'adaptation imposée à chacun. La mise en place de politiques macro-économiques fondées sur les restrictions budgétaires et le remboursement de la dette. Mais quelle dette ? Ce sont les colonisateurs qui ont toujours gérer nos économies : recul du Produit Intérieur Brut (PIB), augmentation de la pauvreté qui touche actuellement plus de 70% de la population, baisse des taux de scolarisation des jeunes, détérioration de la situation sanitaire, propagation des maladies (sida, tuberculose, etc...). Marginalisée dans les échanges internationaux (7%), l'Afrique ne peut rester désunie. Donc, une des plus importantes leçons de ce siècle est que les Africains doivent s'unir ou disparaître définitivement. Cette unité africaine signifie la liberté "tout court". Donc, le respect de notre dignité et celui de nos souverainetés. Elle signifie la paix en Afrique pour avoir de quoi manger, de se vêtir, de manger et de loger sans demander à personne. Cette unité africaine représente toute ma vie d'homme, mon seul et unique rêve. Chaque jour quand je me lève le matin, je pense à cette unité. Tout Africain doit donner son âme et sa vie à cet idéal.
Notre seul avenir, c'est unir nos peuples. Cette unité nous donnera un Afrique où tous les Hommes et Femmes seront honnêtes et responsables, car nous avons suffisamment des ressources naturelles inexploitées. Cette Afrique, qui est la nôtre, compte aujourd'hui plus de 700 millions d'individus, avec un taux d'accroissement de 3%. Elle comptera plus de 1,5 milliard d'habitants dans moins de 30 ans. Il y avait, il y a vingt-cinq ans, deux fois plus d'Européens que d'Africains. Il y a aujourd'hui autant d'Africains que d'Européens. Il y en aura deux fois plus d'Africains que d'Européens dans moins de trente ans. Un peuple nombreux, uni, possédant une forte homogénéité sociale, morale et culturelle, ne peut qu'inspirer du respect. Les Chinois et les Indo-Pakistanais (plus d'1 milliard d'habitant chacun) sont appelés à devenir des acteurs majeurs de la de la vie politique et économique mondiale.
L'Afrique unie, avec une population de l,5 ou de 2 milliards d'habitants, peut aspirer au même rang. Nous disposons d'un potentiel extraordinaire qui, cependant, abesoin de bras pour être exploité au mieux de nos intérêts. L'Inde nourrit aujourd'hui ses 900 millions d'habitants que les 250 qu'elle comptait au début du siècle. La densité de la population africaine est aujourd'hui 25 habitants au km² contre 120 en Chine, dont la moitié du territoire reste inhabitée. L'unité acquise, nous posséderons plus d'atouts sur le commerce mondiale. Il n'est qu'une médecine à ses maux : une Afrique libre et indépendante, des institutions fortes, le besoin s'en fera d'autant plus sentir que notre marché sortira vainqueur. Plus d'l milliard de consommateurs et de libre circulation des personnes et des biens, des capitaux, des services. Voici quapparaît, en pleine lumière, l'une des premières puissances du monde.
L'unité africaine. Hésitons-nous encore ? L'usage du mot unité nous fait-il peur? Nous intimide-t-il ? Et pourtant, ce mot voile deux choses qui sont plus importantes que nous-mêmes, en écartant les nuits sans sommeil et les affronts mortels. Ces deux choses s'appellent la liberté et le développement économique, c'est ça qu'on appelle aujourd'hui la démocratie politique. Avonsnous le choix ? Il est vrai cependant que nous n'avons guère de choix. Si nous ne sautons pas sur l'anneau (pétrole au Congo Brazzaville, Gabon, Cameroun, etc...), un concurrent plus intrépide ne nous ne accordera que le temps d'un repentir. Apprenons à distinguer ces deux choses (la liberté et le développement économique) et d'en appeler à elles, selon que nous vise autrui ou parlons à nous-mêmes. Toute action ensemble, pour nous Africains, est un produit de la liberté. Toute liberté est un progrès et tout progrès est révolutionnaire par défaut, puisque nous nommons révolution l'apparition du neuf. Est-ce à dire que toute révolution soit un progrès ? Il faudrait que le neuf soit toujours bon et que rien n'arrive de mal. C'est ça l'unité réelle de nos peuples.
Donc notre seul avenir, c'est cette unité réelle de nos peuples. A nous de l'indiquer et mobiliser tous les Africains, car c'est l'ensemble des Africains qui pourront bâtir cette unité africaine. Ce XXIème siècle sera la bataille de l'intelligence, donc de l'éducation, de la recherche et de la culture. Si tous ensemble, nous bâtissons une telle Nation africaine, nous serons plus harmonieux et plus forts pour affronter un monde de plus en plus incertain, un monde où la raison du plus fort est toujours la meilleure, un monde où la compétition économique ne pardonne pas. Il ne faut pas oublier aussi que ce XXIème siècle sera la bataille de l'information. Donc, notre seul avenir, c'est notre unité du Nord au Sud, de l'ESt à l'Ouest. Plus nous sommes unis, plus nous sommes forts et puissants, et notre Afrique sera à la hauteur de notre espérance. Par notre histoire, nous sommes des héritiers d'une culture et d'une civilisation africaines. Il faut les faire développer, car elles sont vivantes. L'indépendance est aussi à ce prix. Donc, nous avons deux choix possibles. Premier choix : nous restons divisés, c'est la guerre, la misère, l'exploitation de nos matières premières et la disparition totale de l'Afrique. Deuxième choix : nous réalisons cette unité africaine, c'est la liberté, la paix, le développement économique et la dignité retrouvée.
Premier choix : nous nous contenterons uniquement de nos indépendance fictives, de nos nationalités fabriquées par le colon, de nos frontières héritée du colonialisme sans jamais avoir une véritable Nation. Nous nous obstinerons dans nos rivalités séculaires, nos égoïsmes et nos rancunes "historiques de tous ordres" ; nous ne saurons jamais nous hisser à l'heure de l'avenir ; nous resterons impuissants aux multiples menaces qui pèsent sur nos épaules ; nous restons sourds et muets aux différents conflits qui se sont produits à l'intérieur de nos Etats fabriqués par le colonisateur et, qui s'y reproduiront dans toute la longueur de leur enceinte ; nous ne suraons jamais mesurer la grandeur des périls encourus et nous épuiserons nos forces à réanimer les méfiances réciproques qui, voulues et obtenues par l'Europe, nous hantent depuis des années. Chacun de nos Etats, fabriqué par le colon, sera isolé et se livrera à la solitude. Chacun de nos Etats, étant travaillé de l'intérieur et de l'extérieur par des forces superbement organisées et solidement efficaces, ne pourra résister à la récolonisation. Si nos Etats restent divisés et se montrent incapables de s'unir, ils seront toujours une proie tentante pour tous ceux qui rêvent et rêveront de s'emparer définitivement de l'Afrique. Nos Etats, eux, contribueront par leurs propres divisions et leurs dramatiques incertitudes à renforcer à l'Occident pour tous ceux qui ne rêvent de conquêtes et de puissances coloniales. Si nous restons divisés, nos Etats seront l'objet des pires chantages de plus en plus menaçants. Tandis que le spectacle de leur désunion navrera et poussera au découragement, à la fuite des "cerveaux" et à l'inactivité de tous les et femmes qui, dans le continent africain, auront pu rêver d'une afrique libre et indépendante, une Afrique de dignité, de fierté et de solidarité. Notre faiblesse, notre désunion, notre peur et notre impuissance donneront partout prime à la barbarie, à l'injustice sociale, à la misère et à la souffrance. Culturellement, socialement, économiquement et indignement, nous resterons toujours à la même place.
Deuxième choix : nous changeons de cap et nous allons vers l'unité sans aucune hésitation. Nos Etats, dépassant enfin les vieilles haines méfiantes et nationalistes qui firent tant de mal à nos peuples, sauront s'imposer progressivement vers une véritable unité des peuples d'Afrique, qui saura affirmer trois choses : l° Une politique économique commune 2° Une politique sociale commune 3° Une Défense nationale commune Ce jour-là sera notre indépendance nationale. C'est l'unique chance pour nos Etats d'assurer leur sécurité. Seule une Afrique unie peut ménager les chances d'un avenir rassurant. Si nous savons faire preuve et montrons d'une indiscutable volonté d'unir nos peuples, les plus beaux espoirs nous appartiennent et les plus beaux jours sont devant nous. L'unité réelle de nos peuples est notre seul avenir. Tout ce qui pourrait contribuer à troubler, à empêcher ou à rompre une telle iniative serait néfaste pour nos peuples. Raison et avenir appartiennent à tous les Africains. C'est leur époque. Elle ne prête pas l'Afrique à des gestes sublimes, à des attitudes d'épopée, à des défis grandioses. Cette époque nous fait rechercher des Africains, et non des Sud-Africains ou des Nord-Africains. Elle nous fait rechercher des combattants de la liberté, des hommes de conviction qui n'ont peur de rien, des hommes d'Etat tenaces et efficaces qui savent poser les bonnes questions et comprendre les bonnes réponses. L'unité réelle denos peuples est leur direction, le XXIème siècle leur époque. Telle sont notre direction et notre époque. Faisons l'Afrique de demain et soumettons l progressivement à nos peuples. Souvenons-nous cependant que nous devons toujours garder notre moral et de ne jamais nous laisser déborder par la maachance et la fatalité, car celles-ci n'existent pas. C'est de nos réactions devant l'adversité que dépend notre bonheur. Du courage et, surtout, du courage. Ce ne serait pas indigne.