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Introduction

Introduction

Le ciel est noir, disait-on, il y a trente-huit ans, lors de l'échec de l'Organisation de l'Unité Afriqcaine (O.U.A.) chère à Kuame Nkrumah. C'était l'époque des grands espors, l'époque des indépendances confisquées, l'époque où le continent voulait rejoindre le progrès social pour ses populations meurtries par des siècles d'oppression. Que reste-t-il de ce rêve ? Aujourd'hui, c'est le temps de la mondialisation imposée par les Eats-Unis, le temps des comptes, celui des dures vérités, et l'Afrique est, une nouvelle fois, poussée hors du temps moderne. La recession économique y est le sort commun, le modèle d'ajustement structurel, partout à l'oeuvre, une contrainte d'adaptation imposée à chacun. La mise en place de politiques macroéconomiques fondées sur les restrictions budgétaires et le remboursement de la dette. Mais quelle dette ? Les colonisateurs n'ont-ils toujours géré nos économies ? Certes. Recul du Produit Intérieur Brut (PIB), augmentation de la pauvret& qui touche actuellement 80% de la population, baisse des taux de scolarisation des jeunes, détérioration de la situation sanitaire, propagation des maladies (sida, tuberculose). Marginalisée dans les échanges internationaux, destinataire de seulement 7% des flux de capitaux privés en 2000, alors que l'Asie du Sud-Est en recevait 40%, une fois encore l'Afrique est exclue de la croissance mondiale. Plus grave encore apparaît l'instabilité politique structurelle des Etats face à l'onde de choc de la mondialisation. Les réponses diffèrent selon les Etats, mais la secousse est la même partout : elle atteint la légitimité des structures étatiques et entraîne la dégradation brutale (région des grands Lacs). Elle s'accompagne d'une violence inouie : famine, exode de masse de nos populations. Il est difficile de prévoir quand et comment prendra fin les conflits en Afrique ? Armes mecenaires, multinationales étrangères, agents secrets déferlent aujourd'hui en Afrique, parce que l'Afrique Subsaharienne est une zone de non-droit. Nous avons brûlé trois étatpes importantes : -1° nos Etats ne sont pas des Nations et, pourtant, ils sont représentés à l'O.N.U (Organisation des Nations Unies) pour des faux problèmes; -2° nos Etats d'Afrique n'ont jamais été indépendants; -3° Les Peuples, qui composent ces Eats, n'ont jamais été libres. Trois étapes importantes. Maintenant, nous voulons fabriquer une démocratie à l'intérieur de ces Eats, mais avec quel état de droit ? Le temps nous rattrape : il ne s'agit point d'incriminer les seuls colonisateurs ou bien nos dictateurs. Nous sommes les seuls responsables, nous citoyens Africains. Nous manquons de courage et n'avons aucune culture révolutionnnaire. Donc, les responsabilités incombent aux Africains. Avec la chute du mûr de Berlin, les données géopolitiques du continent ont radicalement changé. Le continent noir n'est plus un terrain d'affrontement privilégié entre l'Est et l'Ouest. En revanche, l'enjeu du partage de l'Afrique en zone d'influence aiguise les appétits : pétrole, diamant et vente d'armes obligent. Des mercenaires affluent de tout bord. Sans doute, la levée du rideau de fer, à la fin ders années 80, a permis une expression directe des conflits africains. L'Afrique est devenue une véritable jungle et les dirigeants africains sont friands de conseillers entourés de mercenaires ou des conseillers de présidence, parce que nos Peuples n'ont jamais été souverains. ces Peuples n'ont jamais été indépendants, c'est une tristesse, une formidable tristesse. Donc, ne chechons pas midi à 14 heures, nos Etats n'ont jamais été indépendants. C'est quoi l'indépendance ? C'est une situation d'une personne ou d'une collectivité qui n'est pas soumise à une autre que celle de son peuple. Donc, un peuple indépendant ne relève d'aucun peuple. Ce peuple est libre de toute dépendance. Je ne vais pas aller ici très loin et vais être claire : tous les pays, qui appartennent à la zone franc (le franc CFA), n'ont jamais été indépendants. Tous les dirigeants, qui hébergent l'armée française chez eux, leurs peuples vivent dans l'indignité totale. Donc, la formidable imposture de notre temps consiste à faire croire que les Africains noirs sont indépendants. Les meilleures intentions sont-elles toujours les plus bonnes ? Dans certain cas oui, mais dans d'autres, il peut y avoir des effets douloureux et c'est bien à ce constat que l'ont aboutit lorsqu'on observe les péripéties de la démocratie en Afrique. A l'origine de ce processus, la démocratie imposée par François Mitterand à la Baule, alors qu'il sait pertinemment que ces Etats ne sont pas indépendants