I ) Kuame Nkrumah
La paralysie actuelle de l'Organisation de l'Unité Africaine(OUA) pose, dans toute sa gravité, le manque de véritables hommes d'Etat, des hommes de conviction, des progressistes. Comment peut-on ranger au second plan ce vieux problème de l'unité de nos peuples? C'est parce qu'on manque des hommes valables, des visionnaires et des combattants de la liberté. Si nous voyons aujourd'hui que l'Afrique est une zone de non droit, c'est parce que nous avons brûlé trois étapes importantes : premièrement, nos Etats ne sont pas des nations. Et pourtant, ils sont représentés à l'ONU; deuxièmement, nos Etats ne sont pas indépendants; troisèmement, les peuples qui composent ces Etats ne sont pas libres. Trois étapes importantes. Et maintenant, nous voulons fabriquer une démocratie à l'intérieur de ces Etats fabriqués par le colon. Mais avec quel Etat de droit? Le temps nous rattrape. Il ne s'agit point d'incriminer nos seuls dirigeants, nous sommes tous responsables, car nous n'avons ni culture révolution, ni des hommes capables de répondre à notre ambition.
Cette unité africaine est-elle un instrument d'harmonisation des vues des gouvernements africains, ou celui de l'unité réelle de nos peuples? Cette question n'a cessé d'être posée. Elle ne se pose pas pourtant, pour ceux qui croient à la liberté et à la dignité de l'homme africain. Car, Seule cette unité des peuples peut nous garantir la paix, la liberté et la justice indépendante. Agée de 37 ans, le bilan de l'OUA est catastrophique. Elle n'a pas fait la part des rêves et des réalités d'aujourd'hui, complexes, mais qu'il faut affronter sans détour. Malade? Paralysée? Hantée par le spectre de la division? Menacée d'éclatement? Les diagnostics et les pronostics pessimistes ne manquent pas depuis des années. Ici, on distille le doute de l'efficacité de loua; là, on instille l'amertume et le désenchantement; ailleurs, on ironise sur les palabres aussi stériles que coûteuses. L'organisation sombre aujourd'hui sur une question capitale qui est celle de sa liberté. Une question pourtant importante, sans aucune équivoque, et qui n'est même pas encore en conformité absolue avec la charte de l'organisation. On peut certes se demander qui a intérêt à ce que celle-ci soit étouffée sous le poids des faux problèmes? Mais faut-il chercher loin la réponse à cette question quand on sait que les artisans du sabotage de loua sont les amis et les protégés de l'Occident, que les pays qu'ils dirigent sont des néocolonies et la chasse gardée des sociétés multinationales, comme Elf Aquitaine, qui y perpétuent le pillage du continent africain.
Et pourtant, loua doit exister, elle doit vivre, pourque les Africains retrouvent la liberté et la dignité. La crise qu'elle affronte n'est ni la première(Tripoli I et Tripoli II) ni la dernière. Pour grave qu'elle soit, celle-ci devrait garder sa force principale : la conscience que cette institution est d'une nécessité vitale pourque tous les Etats africains puissent parler d'une même voix sur des questions qui leurs sont communes et relever les défis à ceux qui mettent en question la dignité de l'homme africain. Depuis sa création, en 1963, l'interrogation est d'apparence anodine si non saugrenue, elle n'en exprime pas moins une contradiction fondamentale dans la mesure où, à travers elle, s'affrontent deux conceptions radicalement différentes de l'unité africaine. En effet, harmoniser les points de vue des dirigeants de l'Afrique, en 1963, sur des problèmes aussi décisifs que la domination coloniale, le néocolonialisme ou la lutte pour la paix. Harmonisation des Etats divisés par le colon ou l'unité réelle des peuples? Les deux lignes politico-idéologiques n'ont cessé de se heurter depuis les soit-disant indépendances. Trente-sept ans aujourd'hui, elle n'avance pas, parce que l'Afrique manque des combattants dignes de ce nom. Et Pourtant ces frontières de sang doivent disparaître. D'ailleurs, cette disparition n'est même pas inscrite dans la Charte de loua. Mais un événement majeur a marqué ces dernières années : l'accession du peuple sud-africain à la dignité, après des décennies de répression, d'humiliation, et sa libération d'une tyrannie raciste grâce à l'ANC et de son leader charismatique Nelson Mandela. Sa première participation en qualité de chef d'Etat au sommet de Tunis qui, pour la 1ère fois, a accueilli au mois de juin 1994, les chefs d'Etat, n'est pas passée inaperçue. Force cependant est de constater que ces moments d'immense satisfaction ont été marqués d'immenses événements.
Oui l'Afrique, dans une certaine mesure, a été assombrie par des conflits partout: les tragiques événements du Rwanda; en Angola où perdurait l'impasse des négociations entre le MPLA et l'UNITA, en raison des positions intransigeance de Sawimbi; en Somalie où les rivalités entre les généraux Aïdid et El-Mahdi empêchaient le rétablissement de la paix et de la stabilité; au Sahara Occidental où le Maroc et la RASD ne parvenaient pas à un accord; au Libéria qui n'avaient toujours pas formé un gouvernement d'union nationale. Ces événements ont ébranlé l'Afrique, mettant en pleine lumière la fragilité de l'Organisation de l'Unité Africaine(OUA). Mais l'événement le plus douloureux, il faut le dire avec force, est celui du Rwanda. Les chefs d'Etat, en principe souverains, ont dû s'incliner sans gloire devant les injonctions de Paris et de sa politique néocoloniale. LOUA doit rompre avec la mauvaise habitude qui consiste à s'en remettre aux autres pour résoudre le problème qui est le sien, car elle a des responsabilités vis-à-vis des peuples d'Afrique. Elle doit anéantir ces frontières, doit encourager cette unité africaine, avec tout ce que cela implique, ou faire sombrer ses Etats dans la marginalisation totale. D'une manière générale, l'héritage colonial, pour ainsi accablant qu'il soit, ne saurait dicter aux membres de cette institution, c'est inacceptable pour un Africain qui a le sens des valeurs de la liberté, de la dignité pour son peuple. Voici tout le problème africain d'aujourd'hui : le manque d'hommes valables, des hommes qui respectent leurs peuples, des hommes capables de mourir pour l'Afrique. Mais où sont-ils? Où sont les NKrumah, les Nasser, les Thomas Sankara, etc...
Mais qu'est ce qu'un grand homme? Un grand homme n'a pas besoin d'être un monstre d'intelligence. Ce qu'il lui faut, c'est du sang froid et un esprit ouvert pour poser les bonnes questions et comprendre les bonnes réponses. Quand l'oeuvre d'un grand homme demeure, Nkrumah, le père fondateur du panafricanisme, c'est parce qu'il a facilité, modelé ou suscité les événements de telle sorte que l'histoire aille dans son sens et non dans celui que souhaitent ses adversaires.
Nkrumah est un véritable homme d'Etat. En 1947, cet ancien maître d'école, crée l'United Gold Coast Convention(UGCC). En 1949, il quitte UGCC et fonde le Convention Peoples's Party(CPP), qui recrute ses adhérents dans le prolétariat urbain et parmi les cadres venant de la petite bourgeoisie, et réclame l'octroi immédiat de l'autonomie interne. En 1950, promulgation de la nouvelle constitution rédigée par la base du rapport Coussey, commandé par le gouvernement britannique et à l'élaboration duquel ont participé des Africains. Le conseil législatif est transformé en Assemblée Nationale où siègent les députés de l'ensemble du territoire. Nkrumah est incarcéré. Le 6 mars 1957, indépendance de la Gold Coast, qui adopte le nom de Ghana? Le 1er juillet 1960, proclamtion de la République. Elections, approbation d'une nouvelle constitution, Nkrumah est élu Président de la République. Adepte du neutralisme et, surtout, du panafricanisme à l'extérieur, il se rapproche des Etats socialistes marxistes dont il imite la planification économique.Quand on parle de l'Organisation de l'Unité Africaine(OUA), son père spirituel est, en effet, Nkrumah, le premier Président du premier pays indépendant en Afrique Sub-Saharienne. Harmonisation des Etats d'Afrique sous le néocolonialisme ou l'unité réelle de nos peuples ? Deux lignes idéologiques qui, en 1963 à Adis-Abeba, ont traversé le continent. Le groupe de Monrovia dit "modérés" d'un côté, et le groupe de Casablanca dit "progressistes", de l'autre côté, animé par Nkrumah, le père fondateur du panafricanisme. Tout au long de sa vie, ce premier Président du Ghana s'est battu pour la création d'un législatif et d'un exécutif continentaux. Ce qui, d'évidence, suppose une unité qui ne peut être une simple concertation-harmonisation périodique de chefs d'Etat soit-disant souverains dans des frontières impossibles. Peu importait au leader ghanaén que, dans un premier temps, cet exécutif continental recouvrit une fédération ou, même des regroupements régionaux. L'essentiel était à ses yeux de poser les premiers pas d'une véritable fusion. Plusieurs raisons militaient, selon le Docteur Nkrumah, en faveur de cette unité par la base. Il a clairement exposé et défendu ses idées dans de multiples ouvrages, en particulier dans "AFRICA MUST UNITE"(l'Afrique doit s'unir).
Avant tout, faute d'un marché national digne de ce nom, aucun Etat africain(à l'exception peut-être du Nigéria) n'est en mesure de développer une économie viable. En revanche, les Etats africains sont généralement complémentaires. En conséquence, seule une unité réelle permettrait de développer, au mieux à l'avantage des peuples africains, les ressources du continent. Ensuite, seule l'unité des peuples, dans un organe supranational, est à même de garantir l'indépendance de l'Afrique contre les convoitises extérieures. Cela, pour Nkrumah, présupposait l'accession au pouvoir, partout en Afrique, des forces progressistes. Cela supposait, surtout, un choix idéologique fondamental en faveur du socialisme, ce qu'il défend dans un livre intitulé "the consciencism". Progressistes, tous les dirigeants africains en 1963? Loin de là. Ceux du "groupe Monrovia" allaient défendre énergiquement leur point de vue, faisant valoir l'aspect du "gouvernement africain d'union" et des Etat-Unis d'Afrique prônés par Nkrumah dès 1961. Au sein du "groupe Monrovia" constitué par des "modérés" et des "élèves de la démocratie" tels que Léopold Sédar Senghor du Sénégal, Houphouët Boigny de la Côte d'Ivoire. Ces deux anciens chefs d'Etat avancèrent des fausses réalités nées d'une colonisation couronnée par la Conférence de Berlin, la balkanisation et, les indépendances ont fait éclater en une nuée de micro-Etats des ensembles comme l'Afrique Occidentale Française(AOF) et l'Afrique Equatoriale Française(AEF). Ces "modérés', qu'on peut appeler des néocolonialistes, des collaborateurs, ont souligné que, sur le plan juridique, ces regroupements sont régis par un "droit administratif colonial". N'est-ce-pas cela qu'on appelle du néocolonialisme, ou bien tout simplement de la colonisation prolongée. Ces procoloniaux n'ont pas manqué aussi de faire des observations de nature sociologique. L'avocat sénégalais, Doudou Thiam, un autre néocolonialiste, a mis l'accent sur les langues, ethnies, habitudes mentales et traditions différentes.
L'ancien Président sénégalais, Senghor, à Adis-Abeba en 1963, a dit ceci : "je me fais de l'unité africaine la même idée que le Général De Gaulle se fait de l'Europe; il faut faire l'Afrique des patries. Nous sommes, en effet, trop différents aussi bien au point de vue de la race que de la culture et de la langue". Je me demande s'il existe la culture sénégalaise. Je me demande aussi quelle est la race de Senghor ? Cet individu, déraciné, a vendu d'abord le Sénégal avant de le faire pour toute l'Afrique, ensuite il s'est opposé farouchement à la réalisation de cette unité africaine. Il disparaîtra sans jamais avoir une véritable nationalité. Il est de même qu'Houphouët Boigny, l'ancien Président de la Côte d'Ivoire qui, à Adis-Abeba le 22 mai 1963, a dit ceci : "fusion des groupes sur l'autel de l'unité, en respectant les souverainetés et les frontières respectives". Je me demande là aussi, si la France a respecté une seule heure, un seul jour la souveraineté du peuple ivoirien ?
Lors de ces journées historiques de mai 1963, Nkrumah paraissait bien isolé. Seuls les Présidents Modibo Keïta(Mali), Julius Nyéréré(Tanzanie, Sékou Touré(Guinée) se battaient à ses côtés pour l'exécutif continental. L'Egyptien Gamal Abdel Nasser, préoccupé par les problèmes du monde arabe, n'étaient pas présents dans la capitale éthiopienne. L'Agérie sortait de la sale guerre coloniale. Parmi ces chefs d'Etat qui constituaient le "groupe de Casablanca", qu'on peut appeler les combattants de la liberté, figuraient aussi l'historien sénégalais Cheikh Anta Diop et le linguiste Congolais Théophile Obengo. Cheikh Anta Diop a souligné, à Léopold Sédar Senghor, que "au-delà des apparences, les langues et cultures africaines présentent, selon les régions, une profonde unité et, en définitive, de telles multiplicités ne sauraient constituer un obstacle infranchissable sur la voie de l'unité réelle de nos peuples, car nous avons la même culture et la même civilisation".
Aujourd'hui encore, on reparle de cette unité réelle de nos peuples. Nkrumah est un visionnaire, il avait compris le sens profond du panafricanisme. Il avait aussi compris que si nos Etats restent divisés, ils ne retrouveront jamais leurs indépendances définitives. Cet homme a compris qu'un homme doit apprendre à conquérir sa souveraineté, doit apprendre à améliorer sa souveraineté et, enfin, doit apprendre à garder définitivement sa souveraineté. Donc, il avait tout compris. Nkrumah a laissé non seulement le souvenir du dirigeant qui a mené à la première indépendance une colonie au Sud du Sahara, mais un message, un appel à l'action encore des plus actuels. C'était déjà en avance, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, que de lancer cet appel : l'indépendance immédiate de toutes les colonies, afin de réaliser l'unité africaine.
Dès ces années là, Nkrumah cherche à dépasser les clivages fabriqués par la colonisation, telles que l'Afrique Occidentale Française(AOF) et l'Afrique Equatoriale Française(AEF). Il s'est malheureusement trouvé qu'entre les mouvements de libération nationale des Etats colonisés par la France et ceux colonisés par la Grande Bretagne, la coordination et l'unité d'action n'ont pas su se réaliser et que les tactiques sont demeurées différentes. Dès-que la lutte nationale à la Gold Coast a remporté ses premiers succès, en1951, avec l'obtention d'une relative autonomie interne l'écho a été profond dans les Etats voisins, en dépit de la froideur de certains dirigeants. L'histoire se remettait en marche. Après six années de ce gouvernement africain, à pouvoir limité, Nkrumah parvenait enfin, le 6 mars 1957, à l'indépendance d'un Etat d'Afrique noire, qui prenait alors le nom de Ghana. Le plus significatif, cependant, c'est que d'emblée Nkruma proclamait que l'indépendance du Ghana serait privée de sens si elle ne s'inscrivait pas dans la lutte générale pour la libération de toute l'Afrique et pour son unité. Cependant, la vision de Nkrumah l'engageait dans trois directions : - 1) il voulait faire de l'Afrique unie et indépendante, un continent moderne et développé, riche de ses capacités industrielles autant qu'agricoles, et aussi culturellement, avec toutes ses traditions alimentant sa propre modernité. -2) il était convaincu de l'urgence de commencer de construire, dès maintenant, cette unité africaine continentale dans laquelle, il voyait à juste titre une condition à la modernisation des Etats africains.-3) il résumait, lui-même, sa politique extérieure, c'est à dire par la contribution de l'Afrique à la cause de la paix mondiale et le désarmement nucléaire, car l'Afrique unie est une puissance mondiale.
Son Etat, le Ghana ou l'ancienne Gold Coast, convoque une conférence intitulée "le monde sans bombe". Les grands de ce monde ne l'ont pas pris au sérieux mais, toutes les manières, il s'imposait de toute évidence sur la scène internationale. Même l'Angleterre ne l'avait pas pris au sérieux, en 1957, lorsqu'il réclamait l'indépendance de son pays. En tout cas le neutralisme, professé par K. Nkrumah et par d'autres, n'avait rien à voir avec une attitude d'incapacité, ou bien aussi d'abstention, c'était la base d'une intervention autonome de l'Afrique, éventuellement de tout le tiers-monde dans les affaires mondiales. En 1962, K. Nkrumah aurait voulu promouvoir une intervention-unie des pays non alignés dans la crise des fusées de Cuba. Face à la rupture Sino-Sviètique, il appelait les deux grandes puissances socialistes à s'entendre, au nom de la liberté de l'Afrique et du tiers-monde, mais aussi en accord avec son souci de la paix. Son dernier voyage en Asie, il fut renversé. Et pourtant, certains de ses proches conseillers lui avaient déconseillé d'y aller. Mais, comment peut-on détourner l'idéal d'une personne soif de liberté et de paix, comme K.Nkrumah. N'était-il pas inspiré par l'espoir de jouer un rôle dans le rétablissement de la paix au Viêt-Nam ?Evidemment, cette politique d'action pour la paix dans le monde aurait eu une autre portée si l'Afrique, c'est à dire unie et indépendante, avait pu parler d'une même voix et en tant que force unie. Nkrumah avait tenté plusieurs regroupements : Conférence des Etats indépendants d'Afrique(au nombre de 8 en 1958), l'union Guinée-Ghana, enrichie par le Mali. Ces efforts n'ont pas été sans résultat en leur temps, où dans la mesure, ils ont permis d'exercer une pression pour mettre fin à la guerre d'Algérie et pour accéder le passage à l'indépendance politique. Mais, les pressions extérieures sur l'Afrique pesaient de tout leur poids pour empêcher véritable unité politique. La crise du Congo-Belge, en 1960-1961, allait faire apparaître ces pressions au grand jour sans qu'une Afrique, idéologiquement tiraillée, ait pu faire grand chose pour sauver Patrice Lumumba tué par Mobutu et, par la complicité des nations-unies et la Belgique. L'Organisation de l'Unité Africaine, dont il fut l'un des pères fondateurs, n'a pas satisfait son ambition. Son idée de l'Afrique-unie implique bien autre chose que des combinaisons diplomatiques autour d'un "tapis vert". Elle devait reposer sur un minimum d'idéologie commune, une lutte commune contre ceux qui exploitent l'Afrique sans vergogne. Et surtout, une volonté commune pour construire cette unité africaine, dont tous les Africains ont besoin.
La vision de Nkrumah heurtait trop d'intérêts à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur du continent africain, notamment ceux des bourgeoisies africaines, y compris ghanaènne, plus préoccupées d'enrichissement rapide. Sa vision, après la deuxième guerre mondiale est d'actualité : la démocratie imposée; le multipartisme dévastateur de vies humaines; des conflits partout en Afrique; le droit et le devoir d'ingérence qui n'est que du néocolonialisme les plus abjects; la vraie colonisation renovée, dans sa version Banque mondiale et Fonds Monétaire International(FMI). Tous ces facteurs ont affirmé leur force dans le continent, et la crise qui en est résulté est générale. Nkrumah est décédé, au mois d'avril 1972, à Conakry, dans la capitale de la Guinée-Conakry. Un Africain digne de ce nom.